Le mythe grec d’Orphée, joueur de lyre, allant chercher son épouse Eurydice aux Enfers, a grandement inspiré les artistes : plus d’une quarantaine de ballets et opéras depuis le XVIIe s, une vingtaine de compositions musicales et une dizaine de pièces de théâtre. Le cinéma n’est pas en reste, les films les plus connus étant « Orphée » (1950) de Jean Cocteau et « Orfeu Negro » (1959) de Marcel Camus. Le réalisateur a choisi d’adapter la bande dessinée « Poema a fumetti » (« Poèmes-bulles ») (1969) de son compatriote Dino Buzatti (1906-1972). Le film est magnifique d’un point de vue visuel, avec une esthétique rappelant celle des films de giallo de Dario Argento [« Suspiria » (1977) notamment], mêlée au fantastique de ceux de Tim Burton. Sans oublier l’inclusion de scènes d’animation. Malheureusement, la forme l’emporte sur le fond : l’histoire, qui se résume à la recherche par Orfeo, pianiste, d’Eura, danseuse, dont il est follement amoureux et qui a disparu, manque de cohérence interne et d’homogénéité, se contentant d’accumuler des scènes surréalistes façon « Un chien andalou » (1929) de Luis Buñuel. Peut-être fidèle à Dino Buzatti [on est loin de « La fameuse invasion de la Sicile par les ours » (1945), adapté au cinéma, en 2019, par Lorenzo Mattotti] mais ennuyeuse et soporifique.