Dès la première partie, le constat s'impose, le film n'est pas très loquace. Il préfère baigner le spectateur de plans longs et silencieux, esthétisants, dans des décors et des costumes suffisamment intéressants pour ne pas lasser le regard.
Malheureusement, après trois quart d'heure, un autre constat s'impose, nous ne savons rien ou presque de la pensée des personnages. On déambule comme dans un rêve, par scènes hachées, sans lien directes entre elles, et surtout, sans savoir ce que les personnages pensent de tout ça.
Une seule idée nous fait être patient, Orlando devient misogyne après une déception amoureuse, mais il finira par changer quand il sera lui-même victime de ces pensées. Un bon début, mais c'est tellement peu.
Finalement, on termine fâché, puisque, malgré l'aventure surnaturelle que vit le personnage principal, personne ne remarque rien. Pire, quand le miracle s'opère, Orlando n'est pas bouleversé. Le film n'a pas l'air d'avoir conscience qu'il traite de changement de sexe, ou fait semblant que cela soit une banalité. Il y a certes quelques éléments timides qui feront comprendre au spectateur que devenir une femme n'est pas une partie de plaisir : les robes sont encombrantes, les possessions immobilières lui sont enlevées... Pourtant cela est traité sans émotion, le personnage flotte dans ces décors sans se formaliser, tout a l'air de lui passer dessus quand on aimerait que le film relève ce qui se joue à l'intérieur de lui... Pas grand chose apparemment.
Un échange enfin, entre Orlando et son romantique américain nous faire regretter que tout le film ne soit pas comme ça. Une minute à peine d'expression, le reste du film sera une balade nonchalante.
Il y a donc bien quelques idées, merci au livre dont le film est l'adaptation, mais le film aurait du se concentrer dessus plutôt que de les noyer dans des plans silencieux et sans émotions.