Implacable démonstration de la pente terrifiante vers le totalitarisme dans laquelle s’engouffre le monde globalisé, le parallèle entre les images contemporaines et les mots d’Orwell ont une indéniable éloquence. Un propos incontestable qui ne peut que conduire le citoyen à s’activer face aux horreurs et aux absurdités dont nous sommes témoins quotidiennement. Tout y passe : usage de la force physique et psychologique, techno-fascisme, élimination de sens critique ou encore novlangue ; Orwell avait tout dit au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.
Peck assume son œuvre comme un objet politique, le documentaire n’étant qu’un support. C’est ici la limite de Orwell : 2+2=5. Je ne suis pas certain que ce film ait une place au cinéma. Puisque composé en grande partie d’images d’archives télé ou de captations aux smartphones, on ne passe pas loin de l’indigestion d’extraits plus ou moins abjectes. A-t-on par ailleurs besoin de s’infliger ça ? Peut-être, mais le manque d’homogénéité visuelle de l’ensemble réduit sa puissance. Les choix typographiques et infographiques sont assez ratés, avec une mention spéciale pour l’usage de l’IA… alors même que le doc vise notamment la prolifération de l’IA générative.
Il n’en demeure pas moins être un doc essentiel pour bien saisir la marche du monde.