La musique a un petit air de Delerm. Le film démarre dans une antenne de Pôle Emploi. Marianne Winckler qui y a rendez-vous se fait griller la place par une jeune femme visiblement sous tension car redoutant de ne plus recevoir d'aides financières. Marianne cherche du travail, cv très léger. On lui parle du domaine du nettoyage. En réalité, Marianne est 'infiltrée'. Ecrivaine ayant acquis une certaine notoriété, elle prépare un ouvrage sur la précarité de ces métiers essentiels et 'invisibles'. Dès lors, elle met à son tour les mains dans le cambouis et rencontre une formidable entraide et un réseau soudé.
C'est toujours un grand oui quand Binoche passe à l'écran, tant elle est juste et sobre.
C'est toujours un grand oui quand le second rôle est issu d'un casting sauvage, que ce n'est pas son travail habituellement et qu'elle a approché le métier visé de près, y ayant travaillé, ayant vécu, ayant connu la même difficulté (sans doute enjolivée on le sait) à l'écran.
ça calme de voir que malgré l'adversité, ces bouts de femme ont le sourire jusqu'aux oreilles et trouvent des petits bonheurs dans le quotidien, alors qu'il peut être rude : cadences d'enfer, patrons parfois inhumains ou obsédés par le rendement, conditions très délicates... toujours en se serrant les coudes. Beaucoup de passages émouvants. Binoche griffonne sur son petit carnet des anecdotes, des petits mots lancés ça et là, qui sont parfois anodins et si parlants en même temps.