J'aimerais écrire une critique longue et constructive sur une œuvre bien filmée, qui sait prendre le temps afin de montrer montrer la pénibilité des métiers épuisants et sous payés.
Je pourrais également parler de ces actrices, venues du monde, et, pour qui, si l'on sent quelques imperfections, savent nous faire ressentir les émotions voulues.
Mais je vais m'attarder sur la fin, qui envoie selon moi un très mauvais message. Oui, bon, c'est un film français, ça doit finir mal, c'est comme ça, on connait. Mais là, le message, c'est que non seulement, une fois que Marianne retrouve son statut d'autrice, tout le monde lui mange dans la main en mode "merci notre sauveuse !", mais qu'en plus, une fois que son amie, qu'elle qualifie elle-même de meilleure amie, lui tend la main, et lui propose de (je présume) repasser la même date un an plus tard avec elle sur le bateau, Marianne refuse cette main tendue, comme si, une fois autrice, elle ne pouvait plus mettre les doigts dans la m*. Comme si, en tant que riche, elle ne pouvait que refuser de se mettre au niveau de son amie, qui avait besoin de ça pour pardonner.
En gros, le pauvre reste chez lui, il ne pourra jamais être ami avec un riche privilégié. Chacun son monde, chacun chez soi, même si le riche daigne prendre le temps d'essayer de comprendre ce gueux inculte qu'est le pauvre.
J'ai pu voir des comparaisons avec le film de Ruffin. Je ne l'ai pas vu, mais Ruffin est l'exemple même d'une conciliation possible entre ces deux mondes. Ruffin évolue actuellement dans un monde de riche, mais sait rejoindre le pauvre dans son vécu pour le partager un peu, même si ce n'est que le temps d'une journée. Conciliation que le film Ouistreham, par son personnage de Marianne, a refusé d'acter.
S'il voulait d'une fin en queue de poisson, mais sans envoyer ce très mauvais message, pour moi, le film aurait pu simplement s'arrêter au moment où l'autrice aperçoit Marilou derrière la vitre, laissant le spectateur ou la spectatrice inventer le reste de l'histoire.