Mélodie pour un vaurien sait nous accueillir en s'ouvrant sur une tuerie inaugurale. Notre héros est de retour aux affaires mafieuses et mérite plus que jamais son surnom de Goro l'assassin. Mais la prison l'amène justement à rejeter cette vie alors qu'il tente à nouveau de se réinsérer... en chauffagiste. Une rédemption définitivement interdite aux ex-yakuzas, pestiférés sociaux dès qu'est connu leur ancien statut. La rencontre avec un nouvel avatar de l'espoir d'un avenir meilleur, toujours incarné par Chieko Marsubara, ne suffira pas à éviter de retomber dans des conflits avec un puissant clan local qui va faire l'erreur de vouloir rayer Goro de la carte.
Une intrigue plus simple que celle du précédent opus, même si les destins croisés demeurent multiples (la soeur, devenue prostituée, de son pote de cellule décédé, un couple d'amants mis à mal par l'appartenance du jeune homme au milieu...) et se heurtent tous à la cruauté d'une société (d'un karma ?) qui s'oppose à tout dénouement heureux. Les yakuzas sont montrés comme de vraies raclures, sans scrupules dans l'exploitation des femmes ("C'est ta petite amie ? Quand est-ce que tu la mets au travail ?"), avec de bonnes tronches d'enfoirés bien habillés.
Pour autant et en dépit de ce désespoir, Goro semble cette fois plus humain, traversé d'émotions plus variées. Il est tantôt souriant, presque joyeux et enjoué, tantôt triste et révolté. Et il enfile désormais les deux manches de ses vestes. Moins de mêlées sanglantes dans cette Mélodie, mais des plans marquants (la crucifixion) et un joli final dans un lieu insolite.