On ne traite d’un sujet qu’à travers des clichés qui, au lieu d’aider à comprendre une situation, ne servent au contraire qu’à perpétuer de fausses idées. Le film quitte ainsi peut-être le schéma oppressif dans lequel les hommes ont toujours le beau rôle au cinéma à un autre purement social et pauvrophobe. Il respecte en cela parfaitement la logique de l’époque, dominée par le code Hays. Les victimes doivent forcément être de bons petits bourgeois, et leurs agresseurs, être des timbrés de la classe ouvrière. Et les sages petites filles à qui l’on promettait un bonheur radieux et bourgeois se font ainsi agresser par des hommes louches dans des ruelles sombres. Elles finissent par être sauvées par des gurus du petit Jésus dont on sait aujourd’hui qu’ils ne sont pas les anges qu’ils prétendent être (on insiste bien sur les atouts de celui-ci : le bon samaritain joue du piano et joue les Renoir des plaines). Et si les bourgeois (dont la société prend très au sérieux les préjudices) se plaignent alors du manque de moyens de la justice ou du suivi psychiatrique, c’est évidemment parce qu’il arrive qu’ils soient victimes de ces manquements de la société. Si les agresseurs et les victimes étaient des individus de la classe populaire (comme c’est davantage le cas), les bourgeois n’auraient pas à se soucier des carences de la société…


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Limguela_Raume
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le 20 juil. 2025

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