Charlène Favier réussi avec ce film à mettre en scène toute la poésie et le tragique de la vie et de la personne d'Oksana Chatchko.
Dans un biopic magnétique, poignant et très poétique, la réalisatrice retrace un parcours de vie atypique: celui d'une jeune femme artiste, activiste et révolutionnaire pourtant délaissée de son propre mouvement, dépouillée de son essence.
Réussir un biopic est rare. Charlène Favier ne s'acharne pas comme beaucoup le font à montrer chaque étape de la vie de son personnage. Elle ne le façonne pas non plus pour dévoiler au grand public un personnage modeler, qui correspond à ses attentes.
Elle ne cherche pas à résoudre le mystère de la première Femen, elle le met en scène.
A l'image d'Okasna Chatchko, qui est devenue étrangère à son propre mouvement dont elle même dit qu'elle l'a regardé devenir de plus en plus "fashion, mode" et non "plus vrai, rebelle, comme avant", les scènes défilent sans superficialité, avec réalisme pour atteindre un summum à la scène dernière où toute la poésie artistique et révolutionnaire du personnage éclate mais encore une fois sans lourdeur. Juste avec intégrité.