C'est un film complètement idiot. Mais quelle putain de claque, quand même ! Le scénario est franchement décevant ; oui, bon c'est un film de robots, mais Del Toro a participé à l'écriture, il est capable de mieux. Venant de lui, on pouvait espérer quelque chose de plus proche de Neon Genesis Evangelion, et moins proche de Transformers/Godzilla/Power Rangers. Finalement, on se contentera d'un film premier degré , ce qui est presque rafraichissant en ces temps où tout film d'action doit aussi etre sombre et torturé.
Les personnages sont tous des caricatures ambulantes ; passons. Au moins le trio comique (Charlie Day, Ron Pearlman, Burn Gorman) fonctionne très bien. Idris Elba passe aussi pas mal, tout en charisme suave.
Par contre, là où le film fonctionne c'est sur la forme. C'est un des moments de cinéma les plus intenses que j'ai vécu ^^. La démesure et la puissance ressentie sont proprement hallucinantes. On atteint un niveau de sidération complète pendant les scènes de combat, grâce à une réalisation de fou furieux, au design des monstres (du Pur Del Toro, en fait, je m'attendais à quelque chose de plus passe partout), des robots, aux couleurs... Le combat dans le centre ville de Hong Kong m'a particulièrement marqué, tout en couleurs néons et fluorescentes, on a presque l'impression de percevoir des couleurs qui n'existent pas. Le combat au fond du pacifique au bord de la dorsale est aussi un sacré morceau de bravoure d'action et d'esthétique. Et tout ça en restant parfaitement lisible, alors que les scènes de destruction auxquelles on assiste dépassent de loin ce qu'on a souvent pu voir au cinéma. Ca pourrait être très moche, mais j'ai trouvé ca magnifique. On retrouve les designs de del Toro un peu partout, avec ses petites idiosynchrasies habituelles, les magnifiques monstres, le steampunk (le look du robot russe <3) , la science un peu bidon, le néon/fluo, le mordoré un peu partout. On sent en tout cas la passion du gars au commandes, et c'est très plaisant. L'univers est très riche, plein de details intéressants, dommage que les personnages et les enjeux du films soient aussi superficiels.