Question design, on ne peut pas dire que ce film invente grand-chose : les combis rappellent celles de G.I.Joe, les méchas ceux de Real Steel, la langue d'un des monstres semble tout droit sortie d'Avatar...
Scénaristiquement, ce n'est pas fou-fou non plus: prenez un héros basique et sans trop de charisme (mais avec de beaux abdos), flanquez-lui un passé tragique pour le rendre plus attachant et nommez-le ultime espoir de l'humanité. Rôle qu'il va bien sûr remplir avec brio, accompagné d'une charmante partenaire avec un traumatisme (elle aussi) qui n'a jamais expérimenté le terrain, et d'un vieux robot usé, autrefois légendaire...
Bref, sur le papier ça sonne plutôt moyen, voire carrément passable.
Et pourtant, il n'en est rien.
Pourquoi ?
Parce que ça DECHIRE GRAVE DE CHEZ SA MERE !!!
Dès sa scène d'ouverture, Pacific Rim nous plonge dans un spectacle futuriste apocalyptique qui ferait passer les blockbusters cités plus hauts pour du travail d'amateur. Les scènes d'affrontements entre Kaijū et Jaegers sont dantesques, puissantes, monumentales, renforcées en cela par une bande-son très accrocheuse et une 3D pour une fois assez efficace. En dépit de quelques clichés en surface uniquement, le résultat est d'une virtuosité effarante.
Le film ne se contente pas d'en mettre plein la vue : il amuse, divertit et émeut même, jonglant habilement entre film catastrophe, science-fiction, drame, comédie burlesque et même manga. En véritable maître de son art, Del Toro propose un univers rocambolesque farci de personnages hauts en couleurs et de séquences mémorables.
Le casting est solide, chaque acteur taillé à la mesure pour son rôle (Idris Elba en instructeur rigide et froid, Ron Perlman en trafiquant d'organes excentrique, Charlie Day en biologiste hystérique...) remplit sa part du contrat avec brio et contribue à la conception d'un divertissement saisissant.
Alors certes, Pacific Rim possède tout de même quelques défauts et se perd parfois dans des lourdeurs scénaristiques farfelues, voire un peu déconcertantes (les deux savants et leurs excentricités, l'origine des Kaijū). Toutefois, là encore, Del Toro se gausse des banalités en nous offrant des séquences hilarantes (le nouveau-né), et d'autres plus sombres (le passé de Mako et Raileigh).
Malgré tout ce que l'on pourra en dire, Pacific Rim nous fait nous sentir comme un gosse devant un feu d'artifice : on a les yeux qui brillent à chaque fois que ça pète, on ne peut se permettre d'en rater un seul instant.
Frissonner à chaque annonce de l'attaque d'un Kaiju.
Frémir d'excitation lorsqu'un Jaeger et ses pilotes intrépides se lancent dans la bataille.
Trembler d'inquiétude alors que les héros se retrouvent en posture délicate.
Verser une petite larme lors du dialogue d'adieu entre deux proches dont les relations n'ont pas toujours été roses.
Et bien sûr, fredonner les quelques notes du thème principal au sortir de la salle.
Voilà ce que j'appelle passer un sacré bon moment de cinéma !