Il y a des amateurs de Pacific Rim de Guillermo del Toro. Moi, je n’y arrive pas.
Pour commencer, je connais assez peu le cinéma de kaijus. En dehors de quelques Godzilla, je suis loin d’être un spécialiste du genre. Mais il me semble qu’il existe une différence fondamentale entre la manière japonaise et la manière américaine d’aborder ces films de monstres.
Dans le cinéma japonais, on accepte volontiers de ne pas tout expliquer. Un monstre apparaît, il détruit une ville, les humains tentent de résister : l’essentiel est là. On ne ressent pas forcément le besoin de connaître dans les moindres détails l’origine de la créature, son fonctionnement ou la mécanique exacte qui permet au récit de tenir debout.
Dans le cinéma américain, et Pacific Rim n’échappe malheureusement pas à la règle, il faut au contraire tout justifier, tout expliquer, tout commenter. Les personnages passent leur temps à nous donner des informations dont je n’ai absolument pas besoin. Et c’est précisément là que le film me perd.
Je me fiche du comment et du pourquoi. Ce que je veux voir, ce sont des monstres gigantesques qui attaquent des villes et des humains qui tentent, tant bien que mal, de leur résister. Le reste peut rester dans l’ombre. À force de vouloir construire une mythologie et de nous expliquer son fonctionnement, le film devient presque théorique. Et, à mes yeux, cette volonté de tout rationaliser lui fait perdre une partie du plaisir primaire que devrait procurer ce genre de spectacle.
Et puis il y a l’humour. Un humour qui se veut décalé, mais qui m’a surtout paru laborieux et franchement peu drôle. J’ai même parfois l’impression que Guillermo del Toro lui-même n’y croit pas vraiment. Le film manque de légèreté alors qu’il devrait, justement, être un gigantesque défouloir.
Les effets spéciaux sont évidemment impressionnants. Les affrontements entre les Jaegers et les kaijus sont spectaculaires. Mais, aussi réussis soient-ils, je reste complètement extérieur à ce qui se passe à l’écran. Je regarde la prouesse technique sans ressentir la moindre émotion.
Les acteurs, eux, ne sont pas mauvais. Mais ils sont enfermés dans des personnages qui ressemblent davantage à des fonctions narratives qu’à de véritables êtres humains. Des stéréotypes, là encore.
Alors non, Pacific Rim, je n’y arrive pas. Je comprends parfaitement que certains puissent adorer le film, son univers et ses gigantesques combats de robots contre des monstres. Mais chez moi, la mécanique ne prend jamais.
Ce n’est pas grave. On ne peut pas aimer tous les films, même ceux réalisés par des cinéastes que l’on apprécie.
Et puis Guillermo del Toro fera mieux par la suite.