Je l'admets, il faut s'armer d'une sacrée dose de second degré et s'ouvrir l'esprit au maximum lors des premières minutes du film. Personnellement, j'ai eu peur, avec cette image ultra stylisée made in Hollywwodland et cet orphelinat coincé en pleine guerre mondiale hésitant entre noirceur réaliste et parodie d'Oliver Twist. Ce fut donc assez déstabilisant. Mais ce serait sans doute oublier de Wright est britannique et fichtrement talentueux.
Il m'a donc fallu deux petits éclats de rire bien placés pour que je succombe dans le premier quart d'heure et jusqu'à la dernière goutte de ce récit d'aventure à la croisée des chemins entre Stardust (il fallait que je le place désolée), la Dernière Croisade, Hook ou encore Pirates des Caraïbes, en prenant le meilleur de chacun, cela va de soi.
Déjà, d'entrée de jeu, ce qui est assez rare pour le souligner, j'ai beaucoup aimé le gamin, Levi Miller petit australien de 13 ans qui n'a pas oublié d'être rigolo entre deux chutes. Et il chute...beaucoup.
Pour ma part, j'ai d'emblée laissé de côté l'histoire de Peter Pan. Je n'y suis pas beaucoup attachée, je n'ai pas vu le Disney et je n'ai pas pu finir le livre tellement il a ultra vieilli.
Heureusement, Wright ne s'attarde pas du tout sur le "gamin qui ne veut pas grandir" assez irritant dans le bouquin, et se focalise sur sa capacité, ou non, à voler. Il esquisse alors son idée de l'origine de ce héros, et c'est rudement bien vu ! On en oublie bien vite les personnages de base et, pour ma part, je m'en fous bien qu'il n'y ait pas Clochette et je suis complètement tombée dans le panneau pour le Capitain Crochet.
Ce qui compte dans Pan, c'est le récit et l'aventure, c'est l'énergie pure qu’insuffle Wright à chacun de ses plans et l'humour qu'il distille. C'est en plus carrément beau et la 3D fout le vertige ! (cf la scène du téléphérique)
Bref, derrière une affiche estampillée "franchise éculée" se cache un film généreux, un divertissement intelligent qui ne se leste pas d'une morale moisie. Son message est clair et simple mais il n'est pas le centre du film.
Non, le véritable propos de Pan c'est "Eclatez-vous !!!"