La dernière production de Sylvain Estibal était attendue comme un potentiel crash cinématographique et effectivement, le miracle n'a pas eu lieu. Ce fameux et ô combien décrié "Papamobile" est un beau plantage autant du point de vue de la critique qu'au box-office. Co-écrite par Myriam Tekaïa et Baptiste Loletto, cette comédie semble s'inscrire dans un parallèle avec le tristounet et fade "Grand Déplacement" de JP Zadi, lequel a aussi bénéficié de la participation à l'écriture de Baptiste Loletto : en effet, après ses dernières contributions scénaristiques hasardeuses (on pensera notamment au malaisant "Toutes pour une"), celui-ci se met à verser, avec ce Papamobile, dans l'humour cringe, gênant, voire provocant par son côté volontairement malaisant et pas drôle, qui ne fait que mettre en exergue des situations où le seul trait comique semble venir de situations visant à pointer du doigt tel ou tel personnage, notre fameux Baptiste semblant hurler à la face du spectateur "regarde, regarde comme il est débile ce type, mais vas-y rigole, bon sang, c'est pourtant drôle ce que j'ai écris, non ?".
Bien que l'on sourira de bon coeur face à une ou deux situations cocasses, rien ne fait jamais vraiment décoller le film, aucune véritable once d'humour bien trouvée ni savamment dosée. S'il y a bien une chose de sûre, c'est qu'avec ce Papamobile, Baptiste Loletto prouve une fois de plus qu'il ne fait rire personne, et c'est à se demander ce qu'il fait encore dans le milieu, tant les gags, aussi peu inspirés soient-ils, semblent avoir été écrits à la va-vite durant un passage aux toilettes, alors qu'il était en pleine crise de nerfs et en manque de reconnaissance. A ce stade, c'est juste de la provocation et du mépris envers le public. C'est vraiment dommage pour Kad Merad, qui tenait ici un rôle à fort potentiel, mais qui a du mal à cacher sa gêne face à une oeuvre en train de couler à même le tournage.