Paranormal Activity par Mickaël Barbato
Paranormal Activity est typique de ces films se construisant avant tout sur leur buzz, comme Cloverfield. Ici, pas de teasing à deux balles de la part d'un faiseur de séries ratées, mais une rumeur : Spielberg aurait, après l'avoir vu, connu des nuits remplies de cauchemars. Bien fait, c'est pour avoir tué Indy.
Le film vaut-il toute ce boucan ? A vous de voir : si vous aimez les films qui se construisent sur un synopsis rachitique pour, en plus, être plus radin que Picsou en séquences frissons, alors foncez. Car, à vrai dire, on peut tout à fait être troublé par ces scènes d'enregistrement nocturne où quelques portes grincent.
Par contre, si pour vous il faut non seulement un semblant d'histoire, des personnages bien construits et des coucougnettes pour aller au bout d'une idée (pas si mauvaise en fait), alors passez votre chemin. C'est simple, je suis sorti du film à cause du personnage de "Micka", le débile copain de la pauvre fille auquel l'activité paranormale semble être liée. Le gars ricane, vanne, provoque. Comment être un tant soit peu impliqué, comment ressentir l'empathie dans de telles conditions ?
Déjà avare en séquences peur, le film se voit donc saborder par l'un de ses personnages, mais aussi par... sa propre histoire en fait. Comment croire en cette fille qui dit être suivie par ces phénomènes depuis toute petite ? Comment comprendre qu'elle ne soit pas allé voir un "spécialiste" plus tôt ? Comment imaginer un scénariste qui puisse laisser passer ça : pour ne pas avoir recours à un démonologue, Micka dit à la fille "quand on utilise un exorciste, c'est toujours pire après", et la fille d'acquiescer... Nul, zéro, ça vaut rien.
En bref, encore un film qui aura réussi une très belle carrière financière, alors que ses qualités sont quasi-inexistantes. Drôle d'époque.