Le capitalisme par le Figaro Magazine

Le film de Bong Joon Ho (BJH) laisse penser que l'on assiste à une représentation des relations de pouvoir entre classes sociales dans le cadre d'une Corée du Sud moderne dont le capitalisme est ravageur.

Pourtant, rien de cela n'a lieu. La famille Kim n'est pas une famille pauvre comme on peut le croire. C'est une famille de la classe moyenne coréenne qui a connu le déclassement et une chute de ses revenus. Il est de même pour la famille Park qui n'est au fond pas la grande famille bourgeoise, mais une famille de classe moyenne en pleine ascension sociale qui singe difficilement les codes de la classe sociale à laquelle elle prétend. Les deux familles partagent plus qu'elles ne le pensent.


Il est possible de ressentir la manifestation d'anciens comportements de la précédente vie avant le déclassement chez les Kim qui rend leur situation sociale difficilement crédible, il suffit de penser à la scène des cartons de pizzas ou encore à la situation du fils, dont le niveau d'anglais est assez bon pour être universitaire, témoignant d'un accès à une éducation assez bonne, difficilement possible dans une position sociale plus que précaire, autant par un manque de moyens que de temps. (Je tiens à préciser qu'ici il ne faut pas voir une forme de déterminisme dans mon propos qui condamnerait les individus de classes précaires à une inaccessibilité aux études et aux savoirs, mais que dans le contexte d'une Corée du Sud et de son système scolaire ultra compétitif et inégalitaire, les différences de classes sociales se font ressentir plus facilement entre les étudiants, c'est le cas ici avec la très bonne maîtrise de l'anglais par le fils.)


Dans cette situation, Bong Joon Ho n'a plus d'autres moyens que de jouer la carte du misérabilisme pour tenter de nous convaincre autant que faire se peut de la classe sociale de ses personnages, enchaînant ainsi des scènes misérabilistes, comme celle des toilettes où le frère et la sœur sont entassés pour un peu de réseau au point de se marcher dessus ou de finir dans la cuvette. Autant essayer de faire manger de la merde à l'un des deux pour essayer définitivement de nous convaincre qu'ils sont miséreux.


Il y'a quelque chose de presque gênant dans la façon où cette pauvreté est esthétisée. Je donne quand même un peu de crédit à la scène de l'inondation. Mais sinon, la violence sociale n'est visible à aucun moment, elle ne s'exerce pas sur ses personnages, alors qu'il aurait été possible de la mettre en scène autant pour les Park que pour les Kim avec le moindre effort. Bong Joon Ho ne comprend pas les relations de pouvoir qui se mettent en place entre la bourgeoisie et le prolétariat, faisant qu'il n'arrive pas à les filmer.


L'une des scènes marquantes notamment sur cette incapacité est quand le couple Park reviennent chez eux prématurément, que les Kim se retrouvent coincés sous la table à les observer, et que les Park commencent à coucher ensemble. Pendant cette relation sexuelle, des blagues sont faites sur l'odeur corporelle dégagée par les Kim, symbole d'un mépris de classe des Park. Mais ce n'est pas suffisant pour caractériser la violence sociale que les individus subissent, ici on reporte le problème à une question secondaire et temporaire avec l'odeur, alors que la véritable chose à capter serait l'aliénation à laquelle autant les Kim, que les Park d'ailleurs, subissent. Cette aliénation à laquelle ils ne peuvent pas échapper, à pourquoi la famille Kim ancien modèle de la classe moyenne se retrouve dans cette situation..


La fin est l'apothéose de cet échec du réalisateur, qui transforme cette situation en sorte de thriller autour de la vengeance des précédents employés qui transforment la situation en bain de sang. Il n'y a pas de perspectives pour sortir de ce monde ultra violent, Bong Joon Ho n'attaquera pas le capitalisme qu'il cherche pourtant à représenter, il ne propose pas mieux que l'ascension sociale du fils dans ce même système. Sa seule conclusion et solution est le travail, pour parvenir un jour au rang des Park, et mettre fin à la violence sociale que l'on subit (c'est navrant de naïveté). Bong Joon Ho ne voit pas plus loin que le Figaro Magazine ce qui peut expliquer ce film. Pourquoi une perspective révolutionnaire et anticapitaliste quand vous pouvez devenir vous même banquier ou boursicoteur avec des "études" ?


C'est minable particulièrement dans sa représentation des classes laborieuses, du prolétariat. Le film ne fait que créer des images fausses d'un monde pourtant ultraviolent et dont les tentatives de représentation ne manquent pas d'opportunités. Rien ne m'enlèvera de la tête qu'apprécier ce film, c'est détester les "pauvres" tant l'image donnée est horrible, et que le monde social qui vous entoure vous est inconnu. Je parle même pas du parallélisme nul entre la maison des Park et celle des Kim, genre de jeu de hauteur ridicule digne d'une photo de manuel de 5ème d'histoire-géo.



lucaslll
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le 19 janv. 2026

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Lucas

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