7
le 18 avr. 2012
SuivreQuel chemin prendre ?
Un film vu après la lecture de l'élogieuse critique de Philistine que je vous recommande, notamment sur tout ce qui concerne la nouvelle vague sur laquelle elle est manifestement plus au point que...
Film de Claude Chabrol, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer et Jean Rouch (1965)
La capitale en six épisodes – les grosses têtes de la 'Nouvelle vague' prennent chacun un arrondissement. Il faut se coltiner des débuts décourageants. Jean du premier film ('Saint-Germain des Prés' par Douchet) se parle 'à lui-même' : voilà toute cette fausseté et cette balourdise de cinéma français 'jeune et dynamique' de l'époque. L'introduction architecturale pour touristes est bien aimable mais ce Paris est repoussant (il le sera encore un peu dans les suivants).
'Gare du Nord' de Jean Rouch, avec Gilles Quéant en tombeur et « roi de la jungle » déprimé, est une bonne petite leçon existentielle – agaçant à bon escient avec ses deux idiots du départ (le mari est un 'trop bon trop con' surnaturel en théorie et courant en réalité), elle étant la pire (une hypocrite mesquine et une geignarde) et ça se confirmera. Le troisième, 'Rue Saint-Denis' de Pollet, fait se rencontrer Melki dans son rôle de timide (quasiment le même que pour L'amour c'est gai) et Micheline Dax en prostituée présentable mais au langage sans ambiguïté – une Froide Primaire exemplaire dans la Caractérologie de Le Senne (Amorphe bien entendu, face à un Sentimental timoré). Une bonne comédie.
'Place de l'étoile' de Rohmer est très bavard et en fait des tonnes en toutes circonstances, mais tout en penauderie – avec une once de burlesque pour relever la sauce. La mise en scène y est plus propre et ambitieuse. Godard à 'Montparnasse et Levalois' joue des petits tours insensés avec sa bande-son (introduire des silences, baisser discrètement le volume des discussions) – ses bidouillages cryptiques et déliés sont aussi plats que cette première séquence pourrie à la forgerie. Le sursaut la concluant et le passage chez le second mécano rendent la chose caustique. Tout ça reste balourd dans l'élocution comme dans l'organisation, franchement bête et trivial une fois qu'on a franchi les barrières du bordel.
'La muette' nommé ailleurs 'Pharmacie La Muette' clôt la séance sur une crise familiale bien banale et grotesque. Comme celui de Pollet il se passe en intérieur – bourgeois évidemment, Chabrol trouve encore l'occasion de les moquer, pas en province cette fois et en se mouillant personnellement. La future Femme infidèle est clairement la malheureuse du lot – son cas est même triste car on l'imagine difficilement pouvoir se relever, elle n'a ni l'avenir ni les moyens de son côté, seulement le confort et les médicaments pour s'engluer. À l'arrivée cette anthologie est réussie, grâce à son unité presque garantie et bien que les styles des réalisateurs ne se ressemblent pas.
Notes spécifiques : St-Germain 4, Gare 7, St-Denis 6, Place 5, Montparnasse 4, Muette 6.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Cinéma, MBTI & Spirale (et Ennéagramme), Les meilleurs films où une ville est à l'honneur, Le Classement Intégral de Zogarok, Les meilleurs films de la Nouvelle Vague et Les meilleurs films à sketches
Créée
le 20 janv. 2019
Critique lue 480 fois
7
le 18 avr. 2012
SuivreUn film vu après la lecture de l'élogieuse critique de Philistine que je vous recommande, notamment sur tout ce qui concerne la nouvelle vague sur laquelle elle est manifestement plus au point que...
6
le 7 nov. 2011
SuivreLa Nouvelle Vague a son importance dans l'histoire du cinéma sur le plan international, une très grande importance. Celle de la liberté, la liberté de prendre une caméra 16mm et son enregistreur son...
7
le 6 avr. 2015
SuivreJe vais donner un avis général sur le film et pas donner un avis particulier sur chaque segment (enfin, quoique), comme souvent dans ce genre de projet, tu n'as pas le summum du cinéma pour chaque...
9
le 29 juin 2014
SuivreLa suite des Visiteurs fut accouchée dans la douleur. Des fans volent des morceaux de décors, le tournage est catastrophique, l'ambiance entre Muriel Robin et le reste de l'équipe est très mauvaise...
10
le 11 févr. 2015
SuivreC’est la métamorphose d’un nain intrépide, héros à contre-courant demandant au méchant de l’histoire pourquoi il s’obstine à camper cette position. Né par sa propre volonté et détenant déjà l’usage...
10
le 4 déc. 2014
SuivreDeux ans avant le scandale du Dernier Tango à Paris, Bertolucci présente son premier film majeur. Inspiré d’un roman de Moravia (auteur italien le plus fameux de son temps), Le Conformiste se...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème