2
2 critiques
Prétentieux et vide
Ça ne raconte rien, ci ne n’est une vague allégorie de la ville de Naples à travers l’objectification ultime d’une femme. Elle est a la fois la jeune fille parfaite et inaccessible et le stéréotype...
le 22 mai 2024
Je n’avais eu que des échos négatifs sur le film avant d’aller le voir. Information importante : mon expérience et mon ressenti en ont été impactés. J’ai apprécié le film parce que j’étais alertée sur son contenu, je n’ai pas découvert les scènes obscènes, très gênantes, le “regard masculin” sur Parthénope (surtout au début du film).
Ceci étant dit, j’ai passé un merveilleux moment au cinéma et j’en étais subjuguée en sortant de la salle.
Parthénope est un récit initiatique, on suit le parcours de la jeune fille et ses évolutions dans son entrée dans l’âge adulte. Parthénope est l’occasion d’analyser le rapport des femmes à leur propre beauté dans ce moment de vie. J’ai du mal avec l’expression “Male gaze” pour parler de ce film, parce que les réflexions qu’il m’inspire relèvent, à mon sens, de l’intimité féminine. Parthénope, à la sortie de l’adolescence, est couverte de louanges, de compliments sur son physique. Par sa famille, d’abord, dans la rue, aussi. Son frère, très charmant au demeurant, n’a pas droit au même traitement : ce sont les femmes qu’on complimente librement et allègrement sur leur apparence. Elle n’est pas comparée à d’autres femmes, on comprend que cette dynamique se joue plus dans sa perception d’elle-même dans le regard des hommes. Elle commence à comprendre qu’elle plaît, qu’elle peut séduire. L’extravagance toute italienne de Sorrentino imagine des avances folles et grotesquement démesurées de la part de milliardaires, un hélicoptère la suit, son propriétaire veut l’emmener dîner. Parthénope tâtonne, elle prend goût à ce tout nouveau pouvoir séducteur, elle tente des choses, elle accepte des propositions. Elle découvre au fur et à mesure la perversité de certains :
alors qu’ils s’évertuent à la séduire, ils ne daignent même pas la respecter quand elle ne cède pas tout à fait à leurs avances, le milliardaire lui fait savoir alors qu’elle n’est pas si belle, ni intelligente. Avec l’expérience, elle commence à comprendre les limites de cet écran de fumée, on la voit déchanter au fur et à mesure.
Elle comprend les hommes, leurs intentions, la vacuité de la séduction, les amours pauvres nourris par la beauté. Quand Sandrino, transi d’amour pour elle dans toute la première partie du film, s’en va, elle comprend qu’il ne l’a jamais aimée. Elle prévoit déjà une crise au sein d’un futur mariage où il se souviendra d’elle, mais sait d’avance que ça n’a aucune importance, que ce ne sera jamais ça le vrai amour, que pour Sandrino elle reste un vague souvenir de beauté, une image de femme séduisante.
Les épreuves qu’elle traverse,
notamment le décès de son frère,
participent aussi à la faire grandir, la ramener à l’essentiel. Plus de retour permis dans le monde de l’enfance, son frère n’est plus là, ses parents affligés par le chagrin, elle doit avancer seule et se construire. Elle continue à répondre aux sirènes qui lui disent qu’elle est belle, qu’elle peut en faire son métier, devenir actrice. Elle rencontre Greta Cool, une actrice qui fut superbe, qui fut magnifique, désabusée à la fin de sa carrière. Ses conclusions l’amènent vers le savoir, elle retourne à l’université, loin de ces artifices.
Parthénope est une ôde à la beauté, du personnage principal, bien sûr, avec toutes ces limites et toutes ces implications, mais aussi et surtout de l’Italie, du bel paese. J’ai été émue devant les rochers de Capri, la Méditerranée, le bleu, les couleurs, l’architecture de la baie de Naples. L’Italien aussi, les musiques. Je trouve que les dialogues, qui parfois se veulent très philosophiques, sont assez creux, mais si beaux à écouter.
J’ai été très sensible à la beauté du film. La beauté est le sel de la vie : la beauté d’une œuvre, d’un film, n’est pas anodine. J’ai vu reprocher une confusion du luxe et de la beauté, avec des costumes signés Saint Laurent, je l’ai vu comme une forme d’art qui s’ajoute à l’image et à la musique. Même si ce film est seulement beau, c’est pour moi une raison suffisante d’aller le voir.
Parmi les scènes gênantes et peu agréables à regarder, un blasphème pénible sur l’Eglise catholique qui vise le clergé en particulier.
Chose intéressante : on pensait avoir tout vu, on se retrouve quand même gênés par cette scène, que j’ai plus vue comme un tacle de Sorrentino à l’Eglise italienne qu’un élément vraiment pertinent du récit.
Créée
le 6 avr. 2025
Critique lue 34 fois
2
2 critiques
Ça ne raconte rien, ci ne n’est une vague allégorie de la ville de Naples à travers l’objectification ultime d’une femme. Elle est a la fois la jeune fille parfaite et inaccessible et le stéréotype...
le 22 mai 2024
7
252 critiques
Sorrentino a probablement toujours été animé par la volonté d’inscrire son art dans la mythologie matrice originelle de toutes les légendes, voire dans le divin. Dès les premiers plans le cinéaste...
le 13 mars 2025
5
3174 critiques
Paolo Sorrentino, lorsqu’il s’agira de revenir sur sa carrière, aura au moins eu le mérite de faciliter a tâche des historiens du cinéma par une constance sans faille. Amoureux de Naples, sa ville...
le 12 mars 2025
7
1 critique
Ruth est usée par un mari, Bob, qui ne la regarde plus, qui ne la voit plus comme une femme mais comme la mère de ses enfants et la responsable de sa famille, qu’il considère comme une des choses les...
le 8 mars 2025
8
1 critique
Martha est à la fin de sa vie, atteinte d’un violent cancer. Elle fait naturellement le bilan, avec des flashbacks. Un bilan honnête, contrasté, mais globalement heureux. Un grand reporter, une femme...
le 18 janv. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème