Au XVIe siècle, le peuple flamand lutte contre les occupants espagnols et prépare l'insurrection avec l'aide de Guillaume d'Orange. Dix ans plus tôt, Jacques Feyder a tourné La kermesse héroïque, magnifique comédie, se situant à la même époque. A la sortie de la guerre, l'heure n'est plus à la fantaisie et le film de Daquin est clairement une allégorie dédiée à la Résistance lors de l'Occupation allemande. Précisons au passage que le même réalisateur avait dirigé Premier de cordée, aux valeurs vichystes, en 1943. Autre temps, autres moeurs. Patrie est tiré d'une pièce de Victorien Sardou, adapté par Charles Spaak et dialogué par Pierre Bost, c'est dire si c'est du solide. L'intrigue politique est parallèle à une histoire d'amour qui débouchera d'ailleurs sur une trahison. Tout s'imbrique parfaitement, avec grand sérieux et dignité dans cet excellent film qui bénéficie du jeu compact de Pierre Blanchar, Jean Desailly, Louis Seigner et Pierre Dux, entre autres. Un mot sur Maria Mauban (la traîtresse qui sacrifie la liberté pour l'amour) dont c'est la première apparition au cinéma (impressionnante) et qui eut une riche carrière, notamment au théâtre et à la télévision, et un peu moins sur les écrans avec un dernier film en 1978 : Le gendarme et les Extra-Terrestres (sic).