Le réal des excellents "Papillon" et "La planète des singes" offre un boulevard au bigger than life George C. Scott en général Patton, incarnation d'une Amérique interventionniste comme le fait comprendre d'emblée ce cultissime discours belliqueux en intro devant un gigantesque drapeau américain, et le souhait du bonhomme, au terme d'une guerre sans laquelle son existence semble ne plus avoir aucun but, de poursuivre l'offensive en Russie. Immense stratège et grande gueule indisciplinée aux ambitions démesurées, charismatique, lettré mais rigide et incapable du moindre compromis, on y suit pendant la 2e guerre mondiale la trajectoire ambivalente de ce personnage assez fascinant, de l'Afrique du Nord aux Ardennes en passant par l'Italie. Dans son rôle jusqu'au bout, Scott refusa son oscar contrairement au jeune Coppola qui empocha celui du scénar (avec un certain Edmund H. North), via lequel le futur réalisateur des "Parrain" trouva probablement l'occasion idéale d'exorciser cette mégalomanie paternelle qui hante souvent ses films. Peu de scènes de guerre finalement mais d'une redoutable efficacité, une satire discrète de la politique et surtout toute la complexité d'un Patton beaucoup moins binaire qu'il n'y paraît : oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur à la clé.