Pauvres mais beaux est une comédie romantique, qui est dans le début de la carrière de Dino Risi, donc moins caustique que ses films futurs, mais qui ne manque pas de charme.
On y voit deux jeunes hommes, l'un maitre-nageur, l'autre vendeur de disques, et on peut dire qu'ils aiment la gent féminine ; ce sont deux beaux dragueurs.
Mais ils vont tomber amoureux d'une (sublime) jeune femme, qui travaille dans une taillerie, et à partir de là va s'enchainer les quiproquos.
Ce qu'on peut déjà dire, c'est que le rythme est extrêmement soutenu. Par ce que ça raconte, mais aussi par le débit de paroles qui est incessant, et qui participe gentiment à un cliché comme quoi les Italiens parlent vite ET fort. Mais la comédie fonctionne très souvent sur les clichés, et Dino Risi le comprend avec cette comédie que je trouve pétillante à souhait, où ce qui est choquant n'est pas que les deux jeunes hommes draguent à tout va, mais que la femme (géniale Marisa Allasio) a déjà embrassé plusieurs hommes pour son simple plaisir, et qu'elle veut être libre !
Les acteurs y sont tous formidables, Maurizio Arena, Renato Salvatori, et aident à ce petit bonheur qu'est ce film, non seulement très drôle, mais qui donne aussi un état des lieux de l'Italie en 1957, où tout le monde dort ensemble, où l'envie de s'émanciper est là, et surtout, l'avenir est devant eux, avec l'amour qui leur donne des ailes. C'est aussi l'occasion de voir Rome très bien filmée, où l'image n'est pas sacrifiée.
1957 est aussi l'époque où les bikinis commençaient à arriver, et où les hommes avaient encore des maillots allant au-dessus du nombril. Le cinéma a de formidable, quand c'est bien montré comme ici, de photographier une époque, et ici joyeuse.
Car les amours des deux hommes, qui sont de grands amis, ont quelque chose de bon enfant, qui appellent très vite leurs copines des fiancées, et on peut dire que Marisa Allasio leur fera tourner la tête.
Vous avez compris que j''ai adoré ce film, qui sera un tel succès que Dino Risi tournera l'année suivante la suite.