Paying for it se la joue « film indé » par sa mise en abyme dessinée, ses dialogues libérés entre jeunes adultes réunis dans un café, son propos prétendument transgressif – regarder la prostitution comme « l’occasion de découvrir de nouvelles méthodes d’intimité » –, sa direction d’acteurs simpliste consistant à dénuder encore et encore le comédien principal pour mieux capter son entrejambe par des cadrages opportuns. Que dire aussi de sa réalisation, dont l’approximation se drape de ruptures tonales et musicales aujourd’hui à la mode. Le regard porté sur le sexe relève du développement personnel, la leçon de vie – quelle œuvre sentencieuse ! – faisant l’éloge de la transaction entre deux corps contre les relations véritables qui, elles, « demandent trop de travail », reste à la surface d’un sujet qui n’est pas assez documenté. La clausule, des plus conservatrices, rappelle sans le vouloir celle du très moyen Sex-shop (Claude Berri, 1972), soit un statu quo désolant entre les deux membres d’un couple auquel nous n’avons, une heure et demi durant, jamais cru.