Matthias loue sa gueule d'ange à qui en a besoin: il est compagnon érudit de soirée mondaine, un fils aimant et reconnaissant, un coach marital. Il est tout sauf un partenaire authentique pour sa compagne, une rupture qui s'inscrit dans une crise existentielle plus profonde de laquelle Matthias n'a pas les clés pour se sortir.
Avec cynisme et une attention au détail acerbe, ce film montre une dystopie dangereusement proche de la réalité actuelle, à l'heure où le culte de l'apparence et de la distinction sociale débouchent sur des pratiques de marchandisation exacerbées. N'assiste-t-on pas déjà à la marchandisation de nos relations humaines - de l'amour, de l'amitié?
Il écarte l'angle social, puisque le film présente exclusivement une société aisée dans le cadre bourgeois de Vienne. Un monde de riches, pour les riches et par les riches, qui n'empêche en rien le burnout, avec un épisode dans un centre de retraite spirituelle.
De par la superficialité qu'il dénonce, le film dégage une ambiance gênante, qui se traduit par des clins d'oeil amusants: la scène de sexe en parallèle du toilettage du chien, la métaphore avec le paon, qui donne son nom au film. Le film finit avec une touche géniale: une performance artistique qui transcende la performance lucrative qui parcourt toute l'histoire, laissant une fin ouverte - brin de génie qui lui vaudra un cachet plus élevé encore, folie ou délivrance pour Mathias?