Quand on arrive dans les films des années trente, hormis si l'on est un féru d'anciens films, nous sommes dans la découverte la plus totale. Sur tous les plans, la technique de mise en scène, le nom et le style de jeu de grands acteurs oubliés. Mais là où l'exploration est magique, c'est lorsqu'on découvre, via une histoire filmique, l'époque d'un pays, d'un lieu. Dans "Penny Paradise", c'est la Grande-Bretagne et l'une de ses villes phares : Liverpool.
Au cœur de cette fiction d'il y a quatre-vingt-sept ans, l'on est amené à faire la connaissance d'un capitaine de remorqueur du nom de Joe Higgins (Edmund Gwenn) et de son fidèle ami marin, Pat (Jimmy O'Dea). Après avoir fini leur rude journée de travail, le responsable du bateau décide de tenter un pari combiné (gagnant) sur l'ensemble des quinze matchs de la Premiere League de football. Il confie son ticket de mise à son compagnon de route qui a pour habitude d'avoir la tête en l'air.
Cette comédie britannique est aussi drôle que bien tournée de par des dialogues subtils qui mêlent joie de vivre, boutade et propos tragi-comiques.
Le réalisateur londonien Carol Reed nous propose ici un court long-métrage nappé d'une réalisation rythmée, assaisonnées de scènes variés que le spectateur ne peut que savourer.
Les comédiens sont bien dirigés et s'en sortent avec brio. Ils font parfaitement vivre le brillant scénario des auteurs Basil Dean, Thomas Thompson, Walter Meade et Thomas Browne.
"Penny Paradise" est d'autant plus beau par le message et les valeurs que les personnages principaux diffusent.
Heureux d'avoir l'opportunité de visionner des films courageusement mis en avant par certaines plateformes de streaming. Certains d'entre eux sont de petits bijoux dont personne ne parle car appartenant à un passé trop lointain, je présume. À nous, amoureux du cinéma, de partir à la recherche de ses bobines méconnues.