Pierre Perdrix vit dans une petite ville des Vosges des plus étranges. Un groupuscule de nudistes engagés y sévissent en dépouillant les habitants qu’ils rencontrent de leurs biens matériels. Jugés inutile par cette communauté, habits et objets en tous genre y sont subtilisés. Quand Juliette Webb débarque c’est avec grande surprise et rage qu’elle fait les frais de ces révolutionnaires farfelus. Dépossédée de sa voiture qui constitue son foyer et renferme tous ses biens, Julie se rend au commissariat furieuse. Elle y rencontre Pierre, chef gendarme, un homme gentil sous tous rapports, empêtré dans une routine et une vie vide de sens. Trentenaire, vivant encore avec toute sa famille, il fait face jour après jour à l’ennui, à l’inefficacité et au manque d’allant de son équipe. Juliette va semer le désir et le désordre dans la vie de Pierre et bouleverser son monde.
Romance atypique et loufoque, Perdrix fait preuve de beaucoup d’humour et d’inventivité pour renouveler les codes d’un genre éculé. C’est avec délectation et amusement qu’on assiste à un rendez-vous amoureux sur le champs d’une reconstitution de bataille, qu’on est le témoin de déclarations amoureuses sous la forme de reproches, qu’on vit une scène de « rattrapage » de l’être aimé grotesque et morbide. Le couple de deux marginaux incarnés par Swann Arnaud et Maud Wyler nous fait croire aux tourbillons amoureux et nous plonge dans la fulgurance de la rencontre amoureuse. Bon autant dire qu’on est loin de l’histoire d’amour « hot » comme on pourrait s’attendre d’un film avec Ryan Gosling par exemple. Ici, la sensualité est secondaire et plus « réelle » malgré la tonne d’artifices romanesques destinés à maintenir le lien entre notre duo et notre attention de spectateurs. Perdrix est plutôt le récit de deux âmes en quête d’une béquille que celui de deux corps en quête d’un emboîtement (même si l’un ne va bien évidemment pas exclure l’autre). En plus du couple principal, le film accorde aussi une place importante aux personnages secondaires composés des membres abîmés et poussiéreux du cercle familial de Pierre Perdrix et de ses collègues défenseurs de l’ordre public pathétiques et sympathiques. Sincérité et sensibilité caractérisent cette galerie de personnages touts plus attachants les uns que les autres. Mention spéciale pour Nicolas Maury (Julien, frère de Pierre) absolument irrésistible dans son rôle de géodrilologue fou et père célibataire à la dérive.
Mordante et captivante, Perdrix est une romance feel-good qui donne le baume au coeur et le rire aux lèvres.
Bonne humeur et espoirs retrouvés garantis !