Rare Exports me donne l’impression d’un film qui chuchote son idée, alors qu’elle mériterait de rugir. Dès les premières images, je sens la promesse : une origine sombre, presque honteuse, du Père Noël. Quelque chose d’ancien, de violent, de refoulé. Mais très vite, le film choisit la retenue. Et je reste dans cette frustration douce, presque respectueuse. Je regarde ces hommes fouiller la glace comme on fouillerait un passé qu’on préfère oublier. L’image est belle, froide, maîtrisée. Trop maîtrisée, peut-être. Là où un film comme Pan’s Labyrinth de Guillermo del Toro embrasse pleinement la cruauté du conte, Rare Exports garde une distance ironique. Il observe son propre sujet avec une curiosité prudente, jamais avec une véritable fureur. Je reconnais pourtant une vraie singularité. Ce n’est pas un produit formaté. On sent le désir de s’éloigner des codes hollywoodiens, de proposer autre chose qu’un simple film de monstres. Mais ce refus du spectaculaire devient parfois un frein. Le fantastique reste souvent hors champ, conceptuel. J’aurais voulu qu’il me fasse peur, qu’il me mette mal à l’aise, qu’il m’oblige à regarder autrement ce mythe rassurant. Certaines scènes fonctionnent précisément parce qu’elles sont minimalistes. Un regard. Une silhouette. Une attente trop longue. Là, le film touche juste. Mais il ne s’y abandonne jamais totalement. Comme s’il craignait de perdre son équilibre en devenant trop sombre ou trop grotesque. Résultat : un film élégant, mais un peu sage. Rare Exports me laisse avec une impression paradoxale. J’admire l’idée, l’univers, l’audace théorique. Mais émotionnellement, je reste à distance. Je ne suis ni choqué, ni émerveillé. Juste intéressé. C’est un film qui mérite d’exister, mais qui aurait gagné à être plus radical, plus sale, plus dangereux. Ma note : 7 / 20
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