Encore un chef d'œuvre du tant regretté Satoshi Kon qui nous offre là, dés son premier vrai film, un thriller psychologique assez exceptionnel dans son genre.
Avec Perfect Blue, Satoshi Kon met tout son génie au service d'un thriller schizophrénique et horrifique, qui n'est pas sans rappeler les plus grandes œuvres d'Alfred Hitchcock, nous embarquant peu à peu dans son scénario vertigineux (aka Vertigo). Il joue sur nos perceptions sensorielles, mélange les dimensions jusqu'à ce qu'on ne puisse plus distinguer rêves et réalité.
On pourrait disséquer pendant des heures la puissance de la mise en scène très stylisée et parfois crue du film, qui multiplie les meurtres sanglants, le viol, la nudité, les mises en abyme ... rien ne nous est épargné. Cette vision parfois très sensuelle (voir sexuelle) et parfois cauchemardesque (voir gore) du corps et de la chair évoque tout de suite le cinéma de De Palma et Cronenberg, la filiation est évidente.
Avec Perfect Blue, Satoshi Kon emprunte à de multiples références, mais pose aussi les bases d'un univers original, unique et surtout précurseur. Son cinéma fut une source d'inspiration pour de nombreux réalisateurs (Darren Aronofsky et Christopher Nolan entre autres) et après avoir vu Perfect Blue on comprend aisément pourquoi. Darren Aronofsky s'est beaucoup inspiré de ce film pour imaginer son magnifique Black Swan, seulement dommage que "à ce que je sache" il n'ait jamais eu la bonne intelligence et l'honnêteté d'en faire l'éloge.
Bref, que vous soyez fan d'animation Japonaise ou non, vous devez voir Perfect Blue.