Satoshi Kon, épisode 2.

Après être rentré dans son univers de taré avec son film Paprika (que je recommande chaudement), me voilà déjà lancé dans son premier film, Perfect Blue, qui suit les déboires psychologiques d'une jeune idole de ces jeunes. Un film, qui fait déjà plus l'unanimité chez mes éclaireurs.

Bien plus abordable que Parpika, Perfect Blue l'est très certainement. Meilleur ? Pas si sûr.
Il y a déjà le côté esthétique bien moins poussé, le film ayant très mal vieilli. Une approche minimaliste dans le coup de crayon de Satoshi Kon, qui n'aide pas forcément à l'immersion du spectateur dans le film.
Mais s'il y a bien un domaine où le réalisateur japonais excelle, c'est dans sa manière de brouiller la frontière être le réel et l'illusion. A partir de la demi heure de film, on ne sait plus où on est, sans pour autant nous faire perdre le fil de l'intrigue. Au final, on se retrouve bien con, parce qu'on est vraiment sûr de rien, tant cette fin semble être trop facile. Ou est-ce un ratage ? Je n'y crois pas une seule seconde.

Non je ne peux pas y croire quand on voit la maîtrise de Kon sur son sujet. J'ai vu hier un film similaire dans la maîtrise de tous les éléments qui s'appelle Barberousse. Loin de moi l'idée de comparer les deux réalisateurs (je vous vois venir sur vos grands chevaux) mais au moins dans la maîtrise de l'espace temps, des émotions et du ressenti de son personnage personnage principal, il y a des similarités.

Si l'intrigue semble simple au début, elle n'est qu'un prétexte pour la suite, bien plus complexe, bien plus profonde. La schizophrénie et le dédoublement de personnalité est un thème récurrent et utilisé de nombreuses fois au cinéma. Mais le traitement que lui accorde Kon est vraiment très intéressant et fait basculer sa narration de manière prodigieuse. En utilisant la mise en abîme avec le métier d'acteur, il crée un deuxième personnage à Mima Kirigoe, lui permettant de jongler à merveille entre les deux situations. Notre vision est brouillée et l'on commence à se poser tout un tas de questions, auxquelles la fin répondra.

Ou pas...

Perfect Blue est le premier film d'un réalisateur ambitieux, à la vision unique et particulière de la psychologie humaine. Une oeuvre majeure, une claque scénaristique, une fin que l'on trouvera soit trop facile, soit excellente. En tout cas, il est une chose que l'on ne contestera pas, l'anime japonais est vraiment d'un niveau très supérieur et possède une avance considérable sur le reste du monde. Considérable.
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Le 11 novembre 2013

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