Mima, une starlette de la chanson laisse tomber le micro pour se tourner vers les écrans en se reconvertissant dans le cinéma. Un choix de carrière qui ne sera pas sans conséquence pour l'héroïne.
Alternant les points de vue d'esprits plus ou moins sains entre réalité, fiction et fantasmes, Perfect Blue jongle sur les faux-semblants, les bouffées délirantes et la peur pour nous faire perdre la tête. Comme Mima, on est largué, comme Mima, on essaye de rationnaliser, de s'accrocher à du tangible en vain.
En arrière plan, l'on voit le star system dans ce qu'il a de plus violent.
Quand la star n'est plus un individu à part entière mais est considérée comme une marchandise décérébrée, propriété de ses producteurs et de ses fans. Ces derniers sont aussi versatiles que péremptoires dans leur jugement, prompt à aduler puis à haïr puis à aduler à nouveau et ainsi de suite, se repaissant de la chute de l'idole tout en jalousant sa réussite.
Quand la star, elle-même, se perd, ne sachant plus qui elle est, une fois le costume de scène oté.
L'animation a vieilli mais paradoxalement, cela n'altère pas la qualité du film, au contraire, elle créée une ambiance captivante qui participe à cette plongée dans les affres de la folie.
Perfect Blue, un film dont on se sort pas indemne.