"Perfect Blue" de Satoshi Kon ou une expérience dans l'antre de la folie.
Mima, chanteuse d'un groupe de J-pop décide de quitter son groupe pour se lancer dans une carrière d'actrice. Décision qui l'amènera à tourner des scènes particulièrement difficiles et qui écorchera son image de chanteuse bien sage. A partir de ce moment, Mima reçoit des menaces et commence à être harcelée.
Débute pour elle une plongée dans les méandres de la folie où réalité, rêves, fiction, fantasme vont s'entremêler pour former un tout.
Premier film de Satoshi Kon (malheureusement disparu bien trop tôt), "Perfect Blue" éblouit par une narration complexe et parfaitement maitrisée où le réalisateur parvient à manipuler ses personnages et le/la spectateur/trice.
Expérience sensorielle aux images sublimes et à la musique envoutante, "Perfect Blue" happe par son récit "mindfuck" où le public, tel Mima, ne sait plus distinguer le vrai du faux, le bien du mal, la raison de la folie.
Une œuvre également visionnaire qui, en 1997, anticipait déjà les dérives des réseaux sociaux et la toxicité exercée par les fans sur leurs idoles. Satoshi Kon abordant, d'autre part, les rapports de domination exercée par certains metteurs en scène sur leurs jeunes actrices.
Un film qui pourra rappeler sur bien des aspects "Mulholland Drive" de David Lynch et le cinéma de Brian De Palma. Sur une trame proche, "Perfect Blue" aurait inspiré "Black Swan" de Darren Aronofsky.
Un des films majeurs de l'animation japonaise à voir et revoir pour en percer ses infinis mystères. Un film envoutant et dérangeant à réserver, cependant, à un public averti en raison de sa grande violence graphique.