"Vivement un bon thriller psychologique !". La plainte arrive à la 25ème minute du film, reflétant un peu ma pensée à ce moment. Bon, Perfect Blue, qu'on m'a tellement survendu, ça commençait comme un thriller un peu lambda, avec la petite montée en puissance de la menace contre cette pauvre Mima, ex-idol qui tentait tant bien que mal de devenir actrice, comme j'en ai déjà vu une bonne centaine de fois à Hollywood.
Mais entendre ma pensée énoncée en direct par un des personnages du film m'a mis la puce à l'oreille. En vérité, le décor commençait juste à être posé, et le vrai film commençait maintenant, à travers un personnage : la Mima idol, pure et innocente, fantasmée par tous, y compris par elle-même. Elle devenait peu à peu le personnage central, reliant de façon étrange les différents protagonistes, même ceux qui ne s'étaient jamais rencontrés.
Je pensais aux quelques commentaires que je pourrais faire dans ma critique, je commençais à imaginer ce que pourrait être le twist final, et soudain ... Tout se produit sous mes yeux.
Et ce n'était que le début. La première des fausses pistes sur lesquelles Satoshi Kon m'a emmené. Puis ce fut une seconde, une troisième. Chacune de ces réalités se superposait. Je rentrais dans la folie paranoïaque de Mima, dans la mise en abyme du film, et je me perdais sur tous ces plans, avant d'être réorienté quelques instants plus tard sur une nouvelle voie.
Perfect Blue est une merveille de rythme. Il nous perd juste assez pour nous donner cette sensation de faiblesse, pour nous faire perdre tout repère, avant de nous en redonner des nouveaux, auxquels on s'accroche comme on peut -qu'ils soient vrais ou non, on récupère quelque chose-.
Bref, outre la catchphrase finale qui reste trop cliché, je n'arrive toujours pas à trouver une raison de ne pas lui mettre 10. Désolé, je suis faible. :(