Ce film a été difficile à noter pour moi, car il s’y dégage quelque chose de complètement à part et je n'ai pas vraiment d'échelle de comparaison. Je dois dire, qu’au départ, je n’étais pas vraiment au courant de la situation politique de l’Iran, à vrais dire de la situation entière de l’Asie de l’Ouest durant la fin du siècle dernier. Je me sentais complètement désinformé et ignorant des raisons des guerres qui sévissaient là-bas, et je n’essayais pas vraiment de comprendre, je dois l’avouer. « Persépolis » est avant tout un biopic, un drame aussi, mais également un film politique et engagé, raconté par une Iranienne qui dresse un portrait pas vraiment flatteur de la République islamique. Marjanne évolue dans ce monde en pleine crise et doit allier ses problèmes personnels, souvent liés à son passage à l’âge adulte, avec une crise identitaire, conséquence de sa migration vers l’Autriche puis son retour à Téhéran. J’ai vu ce film deux fois, et je l’ai apprécié doublement la seconde fois. Les vingt premières minutes sont ennuyeuses, il faut s’accrocher, car le reste du film vaut vraiment qu’on s’y intéresse. L’animation est d’une pauvreté qui dessert le propos, malheureusement, mais la pâte graphique de la bande dessinée (dont le film est issu) a été conservée, ce qui, au final, semble être logique. Je ne suis pas non plus convaincu par l'utilisation du noir et blanc, sur la majorité du film, même si ce choix se justifie par le ton souhaité, il rend le film trop lourd et trop sombre à la longue. Le sujet étant puissant et souvent très triste, les petits moments d’humour sont comme une bénédiction, une pause rafraichissante dans ce monde de brutes. Le film entier propose un éclairage de l’intérieur des conflits du Liban des années 80 et 90, ce qui peut se révéler très intéressant et très instructif pour ceux qui n’y comprenaient rien, comme moi. Je vous conseille ce film, bien évidemment, mais évitez de le visionner avec vos enfants surtout s’ils sont âgés de moins de douze ans. Certaines scènes peuvent être très dures, et le vocabulaire est parfois très fleuri. En conclusion, il s'agit là d'une oeuvre unique, utile même je dirais, sans compromis.


https://www.cineanimation.fr/

Casse-Bonbon

Écrit par

Critique lue 206 fois

2

D'autres avis sur Persepolis

Persepolis

Persepolis

8

Rawi

377 critiques

Le miroir de l'âme

On ose tout quand on est ado : J'ai découvert ce film en avant-première d'une manière assez drôle. Plus de place disponible, la séance affiche complet et voilà Rawi privée de sa rencontre avec...

le 21 oct. 2014

Persepolis

Persepolis

9

tibo2257

192 critiques

Un vrai régal

Excellent! La narration, le dessin (pourtant très "simpliste"), l'histoire, les voix, les musiques...tout est bon dans ce dessin animé de M. Satrapi. De plus il raconte un pan de l'histoire assez...

le 6 févr. 2012

Persepolis

Persepolis

8

takeshi29

1682 critiques

Tellement rafraichissant

La vraie réussite de ce film tient dans sa simplicité. C'est pur, franchement euphorisant et rafraichissant dans le monde de l'animation moderne.

le 17 sept. 2011

Du même critique

The Thing

The Thing

5

Casse-Bonbon

2633 critiques

Un ennui mortel

Aie aie aie ! Je me rends compte au vu des notes attribuées par mes éclaireurs que je suis le seul con à n’avoir pas apprécié ce film, alors je m'interroge: pourquoi est-ce que je suis complètement...

le 18 janv. 2022

Le Robot sauvage

Le Robot sauvage

9

Casse-Bonbon

2633 critiques

Elu produit de l'année

DreamWorks Animation frappe fort avec Le Robot Sauvage, réalisé par Chris Sanders, et adaptée du roman illustré de Peter Brown. L’histoire nous plonge dans l’épopée de Roz, une unité robotique, qui...

le 19 sept. 2024

Amélie et la Métaphysique des tubes

Amélie et la Métaphysique des tubes

10

Casse-Bonbon

2633 critiques

Critique de Amélie et la Métaphysique des tubes par Casse-Bonbon

Amélie et la métaphysique des tubes est un film réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, adapté du roman d’Amélie Nothomb. Il suit le parcours d’Amélie, une petite fille belge née au Japon. Son...

le 19 juin 2025