Peter Von Kant est un réalisateur allemand à succès dans les années 1970, qui vit cloitré dans son appartement avec son assistant qu'il maltraite à l'envi. Un jour, une de ses actrices fétiches lui présente un beau jeune homme, dont il tombe très vite sous le charme, en lui faisant miroiter un rôle. Entre eux deux, l'amour va être foudroyant.


François Ozon est non seulement un admirateur de Douglas Sirk mais aussi du cinéma de Rainer Weiner Fassbinder, dont il avait déjà adapté une de ses pièces sous le titre de Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, alors son troisième film. Avec la contrainte d'un tournage sous Covid, à 99,9% en intérieurs, il tourne une autre version d'un des longs-métrages de Fassbinder qui s'appelait Les Larmes amères de Petra von Kant, avec déjà Hana Schygulla (qui joue ici la mère du réalisateur, incarné par Denis Ménochet) : je ne connais pas ce film-là, mais de ce que j'ai compris, il a resserré l'action dans un huit-clos, et ici, l'homosexualité est masculine (et plus frontale).

C'est le portrait d'un homme tourmenté, colérique, que rend très bien Ménochet, car il lui apporte une sorte de tendresse sous son aspect massif. Voire touchant dans sa relation avec ce jeune joué par Khalil Ben Gharbia (et qui s'est fait la tête du jeune Julien Clerc !), car le rapport de force est clairement inversé dans le sens où sa beauté juvénile lui fait tourner la tête. On voit aussi le très bon Stefan Crepon dans le rôle de cet assistant qui se fait sans arrêt rabaisser, mais qui a comme une sorte d'adoration pour Peter Van Kant, ainsi que Isabelle Adjani comme grand actrice (et qui chante même en allemand), et une petite apparition de Aminthe Audiard (petite-fille de Jacques) dans le rôle de la fille. On voit clairement que le dispositif est celui du théatre, avec un très bon travail sur les lumières, mais le fait que ça se passe en Allemagne n'apporte que peu de choses, y compris dans le contexte politique de l'époque.


J'y vois surtout pour François Ozon une nouvelle façon de déclamer son amour pour le cinéma de Fassbinder à travers ce petit film, tourné assez rapidement, et dont la sortie fut d'ailleurs passée inaperçue.

Boubakar
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il y a 6 jours

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