7.5: La vengeance dans la peau
Bujumbura, Burundi, 1992: Andre entrepreneur français marié à une rwandaise et père de deux enfants dont Gabi, va assister impuissant à la promesse non tenue de la première élection présidentielle libre et à ses conséquences historiques et dramatiques.
La voici donc cette très attendue adaptation du Goncourt des lycéens, prix à mon sens justifié. Pour ce qui est du film, sans être aussi élogieux, nous n’en sommes pas loin.
Une guerre civile, quand on est gosse, on ne réalise pas sa portée, on ne se rend pas compte que notre innocence va être aussi sévèrement mise à mal. A la lecture, on ressent tout du long cette déchéance annoncée; au cinéma cette sensation se fait quelque peu attendre, à tel point que, et seuls les lecteurs peuvent me comprendre, je craignais que ce ton enfantin soit omniprésent. À tort!
Car, « heureusement », les conséquences brutales de ces tensions ethniques sont totalement fidèles dans le dernier tiers plus brutal et où tant le désarroi maternel que la perte de l’enfance volée par un acte terrible et une vendetta toute aussi glaçante nous interpelle. Et le chant final de Gael Faye, illustrant le pourquoi du titre de son roman nous reste en tête par ses paroles terribles.
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