Comme disait papy sur mamie "le plus important c'est de savoir se retirer à temps" et ce Phantasm V: Ravager est incontestablement l'épisode de trop. Uniquement producteur et scénariste Don Coscarelli laisse pour la première fois de la saga le fauteuil de réalisateur à un autre à savoir David Hartman.
Comme je viens de m'enquiller les cinq films de la série sur deux/trois jours, il y-a je le concède une dimension sur laquelle je peux difficilement juger ce cinquième opus qui est le plaisir de retrouver les personnages vingt ans après Phantasm IV puisque je venais de les quitter à peine depuis deux heures ... Ce sera bien l'unique circonstance atténuante que j'accorderais au ratage global du film. Toujours aussi éparpillé dans un récit qui mélange temporalité, dimensions, rêves et réalités on retrouve donc ce bon vieux Reggie toujours en quête du Tall man à zigouiller, de ses potes Mike et Jody à retrouver et d'une gonzesse à niquer; rien de bien nouveau donc ! Ce qui est nouveau en revanche et dont on se serait finalement bien passé c'est la laideur de la mise en scène et son utilisation d'effets numériques proprement dégueulasse et à peine digne d'un DTV de bas étage. Les visions d'apocalypse sont graphiquement assez immondes et rendent ridicules quelques idées déjà plus que discutables comme les fameuses boules qui deviennent carrément des vaisseaux immenses ravageant des villes à coup de lasers. A grand coup de filtres colorés baveux et de visions de résistance militaire Phantasm V Ravager tente péniblement de tirer la saga vers le Terminator du pauvre... Le seul point positif du film reste incontestablement son aspect "les héros sont fatigués" qui culminera vers un final plutôt émouvant; à contrario je ne suis pas certain que voir Angus "Tall Man" Scrimm en déambulateur soit le plus bel hommage qu'on puisse rendre au personnage comme à l'acteur.
Phantasm V Ravager est donc le combat de trop pour ce brave Reggie car les quelques éléments positifs surnagent à peine au cœur d'un film sans intérêt majeur d'un point de vue narratif et torpillé par une mise en scène et des choix graphiques catastrophiques.