Franchement pas terrible ce cinquième volet. On dirait un fan fiction foireux.
Le récit n'est pas très intéressant : jouer sur la réalité n'est pas en soi une mauvaise idée, mais ça ne colle pas vraiment trop avec le reste de la saga. Et puis surtout, c'est mal exploité et bien trop explicatif. En fait, on dirait que ce film a été conçu pour expliquer des choses. Mais ce qui était bien avec la saga "Phantasm", c'est que l'intérêt portait sur autre chose que la compréhension : des scènes bien trouvées, un univers étrange et riche, des personnages sympathiques. Ici, même cette histoire d'amitié est exploitée avec des gros sabots : la loyauté, on la ressentait jusque là, c'était comme si Don nous le murmurait à l'oreille, ici l'auteur nous le crie dans le tympan ! Tout est dans le discours, rien dans les faits. De là vient l'ennui. Les nouveaux personnages ne sont pas terribles non plus : on sent la volonté de renouer avec le côté bad ass des épisodes 2 et 3, mais l'auteur échoue à rendre ce voyage épique.
La mise en scène fait également défaut : jusque là, Don s'était évertué à tout faire artisanalement (si on peut appeler ça comme ça), c'est-à-dire avec des effets mécaniques, des prothèses, des bouts de ficelle... ici, nous n'aurons que des effets CGI et des grosses retouches numériques en ce qui concerne la température de couleur. Ces effets ne suffisent pas à camoufler la qualité cheap de la caméra et encore moins le découpage foireux : le passage d'un plan à l'autre ne fonctionne pas toujours, les angles de vue ne sont pas toujours adéquats, le réalisateur pique des idées visuelles bad ass sans comprendre qu'il faut les amorcer pour que ça marche et non pas juste les foutre pêle-mêle sans prendre la peine d'y réfléchir. Les acteurs se font vraiment vieux, j'aurais aimé que les auteurs en jouent un peu mieux ; le problème, c'est que tout le long, on sent l'hommage appuyé, l'auteur n'osera pas prendre l'univers en auto-dérision, chose que Don faisait sans complexe: c'est ça le soucis quand on transmet son oeuvre à un fan, il ne veut pas décevoir, il veut montrer à son mentor qu'il l'aime et le respecte, du coup on en ressort avec un truc fade et convenu.
Bref, je n'ai pas vraiment accroché à cet ultime (du moins on l'espère) volet. Dommage, je partais avec un certain enthousiasme.