10
le 17 avr. 2014
SuivreLe chant du Swan
J'ai un poil de sourcil blanc. Déconne pas, c'est sérieux. J'ai peur. Dans peu de temps, j'aurai sûrement un sourcil tout blanc. Un tout blanc et un autre tout noir. Oui je t'ai pas dit, j'ai deux...
"Phantom of the Paradise" fait partie de ces films très difficiles à décrire, qui constituent presque un genre à eux seuls. Mélange improbable de comédie musicale, d'horreur, de fantastique, et d'humour, avec des visuels gothiques filmés de manière baroque, voilà une œuvre barrée à souhait !
Heureusement, on est loin ici d'un délire stérile. D'une part car la trame (un compositeur défiguré cherche à se venger, en hantant la salle de spectacle d'un producteur machiavélique) se base sur des classiques de la littérature. Le Fantôme de l'Opéra évidemment, mais aussi Faust et Dorian Gray qui sont très référencés. Ces sources permettent à une narration imprévisible de néanmoins garder les pieds (et les spectateurs) sur Terre.
D'autre part, le scénario est loin de se limiter à une simple histoire d'amour ou de vengeance. "Phantom of the Paradise" se moque allègrement de l'industrie musicale, tirant sur les producteurs tout puissant déconnectés des réalités, les artistes et modes musicales jetables, et le public hystérique. Une critique en avance sur son temps... qui propose aussi de belles chansons rock dans divers styles.
Mais ce film est aussi une sacrée ambiance. Des acteurs étranges et méconnus mais talentueux, qui contribuent à l'atmosphère singulière (avec en tête Paul Williams, également compositeur du film, et son faciès insolite). Le fait que pratiquement aucun d'entre eux n'ait connu une belle carrière au cinéma renforce l'unicité du long-métrage.
Une mise en scène par un Brian De Palma en grande forme. Entre quelques séquences sur lesquelles sa patte est très forte (un double plan séquence en split screen, référençant "A Touch of Evil", les arcanes des consoles de studio, une parodie géniale de "Pyscho"...), le réalisateur s'amuse à créer son univers baroque avec ses courtes focales. Et il s'appuie sur des costumes et des décors qui se renouvellent en permanence et enchaîne les idées excellentes.
Echec critique et public à sa sortie (comme souvent chez de De Palma), "Phantom of the Paradise" a heureusement été réhabilité depuis, et demeure un must du film musical... mais le terme de "classique" ne sera jamais autant inapproprié ici !
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de Brian de Palma, Les meilleurs films de 1974, Les meilleurs films des années 1970, Les meilleurs films sur la musique et Les meilleurs films d'horreur des années 1970
Créée
le 2 août 2020
Critique lue 84 fois
10
le 17 avr. 2014
SuivreJ'ai un poil de sourcil blanc. Déconne pas, c'est sérieux. J'ai peur. Dans peu de temps, j'aurai sûrement un sourcil tout blanc. Un tout blanc et un autre tout noir. Oui je t'ai pas dit, j'ai deux...
10
le 22 avr. 2012
SuivreQuand on dit film culte rock, on pense le plus souvent au génial Rocky Horror Picture Show. Soit. Mais ce serait oublier bien vite qu'un an avant, un Brian De Palma pas encore auréolé du succès de...
9
le 26 août 2013
SuivrePhantom of the Paradise c’était d’abord pour moi ce visage masqué, iconographique, longtemps distillé dans les parutions du magazine le plus fou de France. Je n’ai jamais su de quoi il était question...
7
le 29 sept. 2022
Suivre« Athena » semble avoir divisé son public. Entre ceux qui y ont vu enfin un film français flamboyant à la mise en scène ambitieuse, et ceux qui ont pointé du doigt un film vide de sens, destiné à de...
7
le 29 mai 2023
SuivreA travers cette histoire d'orpailleur vagabond harcelé par les Nazis, Jalmari Helander livre un hommage assumé au premier Rambo, dont il reprend la structure narrative. Ici, notre homme est un ancien...
2
le 30 juil. 2021
SuivreEn 2001, alors qu'il fait la promo de "Replicant", Jean-Claude Van Damme est invité sur un plateau télé français. Il expose, dans un franglais plus ou moins cryptique, les principes de ce qui...