Typique des films dits du milieu, le nouveau long-métrage de l’allemand Christian Petzold reprend, de manière plus modeste et ténue, les ingrédients de son précédent succès Barbara. Soit une histoire solide qui prend cette fois place dans l’immédiat après-guerre, une réalisation de qualité et un duo de comédiens qui avait déjà fait ses preuves : Nina Hoss et Ronald Zehrfeld. Ils pourraient être les versions outre-Rhin de Romy Schneider et Philippe Noiret. Malgré tous ces atouts qui participent largement au plaisir, il faut néanmoins apporter un sérieux bémol à propos de la vraisemblance du scénario. On a effectivement peine à croire que Johnny le pianiste ne reconnaisse pas sa femme Nelly, revenue des camps, défigurée et ‘reconstruite’ par un chirurgien. Celui qui l’a trahie est-il à ce point aveuglé par sa vénalité ? Toujours est-il que cette faiblesse amoindrit le doute et le trouble, compensée par les longues scènes où Nelly doit apprendre l’écriture et la gestuelle de celle qu’elle est censée imiter dans un sordide projet de récupération d’héritage. Tellement maitrisé qu’il en devient presque engoncé, Phoenix ne s’épanouit réellement que dans une séquence finale particulièrement forte et chargée en émotion. Ce qui nous fait quitter la salle le cœur serré.
PatrickBraganti
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Films vus en 2015

Créée

le 31 janv. 2015

Critique lue 747 fois

Critique lue 747 fois

3

D'autres avis sur Phoenix

Phoenix

Phoenix

5

Sergent_Pepper

le 7 août 2016

Suivre

Volte fade.

Il existe de multiples voies pour aborder un passé qui ne passe pas : Phoenix en tente une pour évoquer l’histoire de l’Allemagne au lendemain de la guerre, durant cette trouble période où l’on est...

Phoenix

Phoenix

5

Theloma

le 13 janv. 2017

Suivre

Ah que tu ressembles à ma femme dis donc

Sur le papier ça paraissait pas mal du tout cette histoire de femme défigurée, rescapée miraculeusement des camps, qui change de visage et n'est pas reconnue par son mari. Sauf que ça ne fonctionne...

Phoenix

Phoenix

8

Clepot

le 7 févr. 2015

Suivre

Claque.

Je suis assis sur mon fauteuil rouge, sans prévenir, le générique surgis. Et là je suis complètement perdu. Une clope, deux clopes, rien n'y fait. Je ne sais plus qui je suis, où je suis ni...

Du même critique

Jeune & Jolie

Jeune & Jolie

2

PatrickBraganti

le 23 août 2013

Suivre
Dernière modification

le 25 août 2013

La putain et sa maman

Avec son nouveau film, François Ozon renoue avec sa mauvaise habitude de regarder ses personnages comme un entomologiste avec froideur et distance. On a peine à croire que cette adolescente de 17...

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2

4

PatrickBraganti

le 18 oct. 2013

Suivre

Adèle Euh

Même si le film s’articule autour de l’histoire d’amour entre Adèle et Emma, de la naissance (et bien avant) à la rupture, son titre ne mentionne que le prénom de la première, précédé de ‘La Vie ‘ et...

Pas son genre

Pas son genre

9

PatrickBraganti

le 1 mai 2014

Suivre

Le philosophe dans le salon

On n’attendait pas le belge Lucas Belvaux, artiste engagé réalisateur de films âpres ancrés dans la réalité sociale, dans une comédie romantique, comme un ‘feel good movie ‘ entre un professeur de...