J’avais loupé le précédent film de Christian Petzold, "Barbara", sorti il y a un peu plus de deux ans et dont on m’avait dit le plus grand bien, à l’époque. Du coup, je suis allé voir "Phoenix", toujours avec son actrice fétiche, Nina Hoss. Alors, j’ai eu du mal à entrer dans le film, les trente premières minutes, j’étais pas dans le truc, ça fonctionnait pas complètement. Et puis, petit à petit, la mécanique s’est mise en place et, au final, j’ai beaucoup aimé.

Rescapée des camps de concentration, défigurée, Nelly, ramenée de Suisse par son amie Lene pour retrouver visage humain grâce à un bon chirurgien esthétique berlinois, erre dans les ruines du Berlin d’après-guerre à la recherche de son mari et de son passé dévasté. Elle le retrouve, il ne la reconnaît pas, mais lui trouve quelques vagues ressemblances avec sa défunte épouse. Il décide de la façonner et de la faire passer pour cette dernière afin de récupérer son argent, elle décide de jouer le jeu pour voir où ça la mène. L’a-t-il trahie et dénoncée aux nazis ? L’aime(rait)-t-il encore ou n’en veut-il qu’à son argent ? Beaucoup de questionnements, historiques et sentimentaux, universels et intimes, finement orchestrés par le réalisateur et son actrice. On est en droit de rapprocher certaines thématiques du "Vertigo" d’Hitchcock, entre autres références, mais la petite musique de Petzold semble n’appartenir qu’à lui. Ce qui me donne envie de voir ses autres films.

Créée

le 23 févr. 2015

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