👉 1er juillet : Les extraits de commentaires sont à nouveau disponibles dans les feeds 🥳.
Et toutes les mises à jours sont à retrouver ici : journal de bord de SensCritique.

Alors que les muscles huilés de Sylvester Stallone et d'Arnold Schwarzenegger règnent en maîtres sur le cinéma d'action, que les coups de tatanes de Jean-Claude Van Damme et de Steven Seagal commencent à se faire sentir, le cinéaste John McTiernan s'apprête à faire basculer le genre dans une toute autre direction, lui qui venait justement de libérer le chêne autrichien des projets fumeux du nabab Dino de Laurentiis grâce à son mythique Predator.

En odeur de sainteté après le succès du film précité, le metteur en scène se voit offrir par la 20th Century Fox les commandes de leur projet d'adaptation du roman Nothing Lasts Forever de Roderick Thorp. Conçu initialement comme une suite de Commando, le scénario écrit par Jeb Stuart et Steven De Souza va évoluer, donnant, sous la direction de McTiernan et du producteur Joel Silver, un tout autre visage au blockbuster estival.

Contrairement aux demi-dieux qui auront représenté le cinéma américain des années 80, le héros nouveaux n'est pas doté d'une musculature à faire rougir Héraclès, est loin d'être invincible et ne dissimule pas tout un arsenal de guerre sous sa chemise. Au lieu de ça, il jure, fume, saigne quand on lui tire dessus, sort des vannes afin de se donner du courage et arbore le faciès d'un Bruce Willis jusqu'ici connu pour des comédies ou la série télé Moonlighting. Certes, il gagnera sûrement à la fin, mais avec des ecchymoses et un besoin urgent de transfusion.

Un protagoniste à qui l'on peut immédiatement s'identifier, que l'on voudra suivre (et surtout soutenir) jusqu'au bout, à la fois cabot, nerveux, faillible et attachant, une sorte de grain de sable qui viendra, bien malgré lui, enrayer une machine trop bien huilée. Cradingue, paumé mais étonnamment crédible, Bruce Willis impose dès les premiers instants une présence, un charisme incroyable doublée d'une gouaille à nulle autre pareille, face au regretté Alan Rickman, immense comédien de théâtre qui faisait ici des débuts marquants au cinéma dans la peau d'un bad guy à la suavité délicieusement diabolique.

Derrière la caméra, John McTiernan instaure un rythme qui ne faiblira jamais, joue magistralement avec son point de départ improbable, gère parfaitement son décor, offrant des séquences aussi tendues que spectaculaires, bien aidé par la magnifique photographie d'un Jan de Bont qui fera tout péter à son tour six ans plus tard pour les besoins du sympathique Speed.

Naissance d'une figure héroïque figée dans une temporalité à mi-chemin entre l'invincibilité de l'ère reaganienne et la vulnérabilité des années Clinton, Die Hard est bien la preuve qu'un pitch aussi farfelu soit-il peut donner lieu à un divertissement de haute volée entre les mains de noms talentueux, soucieux d'offrir un spectacle de qualité tout en faisant avancer le schmilblick.

il y a 6 ans

74 j'aime

7 commentaires

Piège de cristal
Gand-Alf
9

Une nouvelle race de héros.

Alors que les muscles huilés de Sylvester Stallone et d'Arnold Schwarzenegger règnent en maîtres sur le cinéma d'action, que les coups de tatanes de Jean-Claude Van Damme et de Steven Seagal...

Lire la critique

il y a 6 ans

74 j'aime

7

Piège de cristal
Docteur_Jivago
8

Maîtrise de l'Espace

C’est noël, John McClane, un policier new-yorkais, rejoint sa femme, dont il est séparé dans l’espoir de se réconcilier, dans les locaux d’une multinationale japonaise basée à Los Angeles où une...

Lire la critique

il y a 8 ans

70 j'aime

23

Piège de cristal
sseb22
9

Die Hard de cristal

J'ai toujours été un fan de cette série (bon, surtout les premier et troisième :o). Je dois avouer que le film est marqué "années 80" (cigarette à l'aéroport, arme dans l'avion, les vêtements,...)...

Lire la critique

il y a 11 ans

62 j'aime

13

Gravity
Gand-Alf
9
Gravity

Enter the void.

On ne va pas se mentir, "Gravity" n'est en aucun cas la petite révolution vendue par des pseudo-journalistes en quête désespérée de succès populaire et ne cherche de toute façon à aucun moment à...

Lire la critique

il y a 8 ans

264 j'aime

36

Interstellar
Gand-Alf
9
Interstellar

Demande à la poussière.

Les comparaisons systématiques avec "2001" dès qu'un film se déroule dans l'espace ayant tendance à me pomper l'ozone, je ne citerais à aucun moment l'oeuvre intouchable de Stanley Kubrick, la...

Lire la critique

il y a 7 ans

246 j'aime

13

Mad Max - Fury Road
Gand-Alf
10

De bruit et de fureur.

Il y a maintenant trente six ans, George Miller apportait un sacré vent de fraîcheur au sein de la série B avec une production aussi modeste que fracassante. Peu après, adoubé par Hollywood, le...

Lire la critique

il y a 7 ans

206 j'aime

25