Un film avec Leaf Phoenix
Décidément, ma règle du flash back tient vraiment la route : quand un film commence par la fin, c'est souvent qu'il n'y a pas d'histoire. D'ailleurs, c'est une astuce dramaturgique souvent employée dans les biopic : on voit le personnage central en train de mourir, en danger, ou en pleine remise en question sur sa vie, puis on nous monter toute sa vie, c'est à dire des trucs qui n'ont rien à voir directement la plupart du temps, mais qui font croire que oui. Bref, une histoire décousue dont la fin reprendra la situation de départ pour y ajouter une conclusion.
A la limite pourquoi pas. Il y avait alors deux possibilité. Soit, réponse A, se la jouer Badass comme Ron Howard et mettre l'accent sur des scènes d'action bavantes, soit, réponse B, faire un film réaliste sur la vrai vie de pompier. Jay Russel choisit la réponse C : il fait croire que les pompiers sont des héros qui éteignent des feux tous les jours, mais en même temps il insiste pour nous dire à quel point c'est dur la vie de pompier parce que tous ses petits camarades meurent les uns après les autres et qu'en plus, avoir une vie de famille dans ces conditions, c'est à peine tolérable ; en d'autres termes, il choisit de nous la jouer sentimentale. Le problème c'est qu'il insiste trop et que ça en devient lourd voire pénible. Trop de drame pour des personnages qui en plus ne sont pas très profonds, pas travaillé. Il suffit de voir la scène de drague dans le supermarché qui en dit long sur le QI de ces demoiselles.
Pourtant ça démarrait pas trop mal : lors de la première mission du rookie de Phoenix, la mise en scène est alléchante car flirte un peu avec l'aspect documentaire. C'est cool. Mais après le rythme ne fera plus que déchanter à cause de cette romance qui prend trop d'importance. Les scènes d'action qui suivent sont plutôt faibles, racontant très mal le combat de ces pompiers contre le feu. Pire, le réalisateur semble prendre un malin plaisir à mettre en scène des scènes larmoyantes sans avoir jamais impliqué les spectateurs. Car pour rendre un personnage sympathique, il faut lui faire rencontrer des conflits externes et internes. Or, ceux qui meurent sont ceux qu'on ne suit pas et donc qu'on ne voit jamais en plein conflit interne. Il semblerait donc que pour le réalisateur, montrer un pompier qui meure suffit à faire pleurer, probablement grâce à son métier à risque. Enfin, pour le sacrifice inévitable du héros, l'auteur semble s'imaginer qu'il suffit de l'avoir montré comme un bon pompier et un gentil amant pour rendre sa mort tragique. Où va t on là?
Bref, Ladder 49 est un navet qui sombre dans le sentimentalisme sans jamais vraiment abandonner les scènes d'action (ratées je précise) ; le problème c'est que c'est mal rythmé et que ça manque cruellement de profondeur. Il manque donc beaucoup de choses à ce film pour être réussi ; je recommande donc Backdraft qui est peut être un peu concon mais au moins c'est fun!