Enfin un choc nanar à la hauteur de ma cinéphilie. Enfin un choc à la hauteur des Kill for love, Strike Commando et autre Alien Cristal Palace. Mais dans un sous genre auteurisant radicalement nouveau et jusqu'ici épargné par la médiocrité : le docu contemplatif sur la Nature. La Nature ! Cette chose si belle qu'elle nous rappelle que Dieu existe et qu'Il est de droite. Alors les scénaristes ont pris 4 packs de villageoise et tous les invendus de Louis Boyard et se sont dit : "Est-ce que ce serait pas cool de transformer l'Ecologie en Migrants de l'espace ?" Tadaaaa !
Rarement j'ai vu un film aussi éclaté. Eclaté car il a vite compris que les ambitions psychédéliques de son scénario étaient impossibles à retranscrire avec de simples images de stock shots (qui aujourd'hui constituent la grande majorité des "documentaires animaliers ou naturels", pleins de plans waouh et... voilà). Et hors de question d'utiliser l'IA, ce truc de capitaliste de droite qui sert à faire des mêmes racistes sur internet en volant le travail des artistes médiocres. Alors, tout a été modélisé avec des gifs et des animations 3d (et 2d pour certaines) et monté à l'ancienne. Et on se retrouve avec les ambitions d'un Minuscule... qui aurait coopulé avec Amazing Bulk (bon, c'est un peu dur, alors Code Lyoko). C'est hallucinant ! Le résultat est d'une mocheté totale et constante. Mais c'est contemplatif. Et ça se veut poétique en rajoutant sans arrêt de nouvelles incrustations 3d immondes dans des images incrustées par détour sur un fond numérique. Le résultat est une torture pour les yeux, mais insiste tellement qu'il finit par faire rire nerveusement. Tellement le résultat va à rebours des ambitions constamment affichés par l'équipe du film. Il convient de relever la musique, très importante pour véhiculer les émotions, et qui ici assure le sérieux indéfectible de la mise en scène alors que le dégueulis pixélisé assure une torture constante et étendue sur toute la durée du film. Car on voit que ce sont des gifs et des animations 3D. Faire un film sur la nature alors que tous les effets y sont numériques et générés en 3D. L'antithèse du sujet qui devient l'esthétique principale d'un film aux visées écologistes. Un auto-sabotage aussi sidérant qu'ironique. D'où la contre-performance qu'il convient de saluer.
Seuls les écologistes convaincus pourront aller au delà de la laideur du bousin sous drogue pour louer les qualités psychédéliques rétros des années 70 du scénario sans s'attarder sur l'éléphant esthétiques dans le conduit de ventilation. Ce film est aussi irregardable que Naqoyqatsi, et 20 ans après Naqoyqatsi. Et sans les musiques de Philip Glass. Mais pour le nanardeur éperdu, le chercheur de mauvais film, avec ici un quota de drogue dépassant la dernière orgie de Pierre Palmade, est aux anges. Je n'avais pas ressenti d'hallucination malade aussi intense depuis le dernier film d'Arielle Dombasle. Ce film est unique dans sa catégorie. Il aimerait l'être pour son univers un peu perché, il le sera pour sa contre-performance visuelle aussi vulgaire qu'insistante, qui ne s'effondre jamais sous son ridicule pour proposer toujours plus moche, toujours plus drogué, toujours plus what the fuck. Planètes, messieurs-dames ! Décollez pour ne plus jamais atterrir ! Le générique vous détaillera les NOMBREUSES équipes ayant collaboré à ce projet, qui vous placeront donc face à un dilemme épineux : un grand nombre de personnes travaillant au CNRS (dépendant donc de financements d'Etat) pour aboutir à ce fameux résultat, également subventionné par des chaînes (arte et canal +) et par plusieurs régions. Pour ce résultat. Ca ne serait pas grave si ça n'était pas grave.