Je n'ai pas vraiment eu l'opportunité de le voir au cinéma, mais j'ai toujours gardé « Play » dans un coin de ma tête, séduit par cette idée de raconter une histoire personnelle uniquement via des enregistrements au caméscope transférés ensuite sur cassettes. J'étais même prêt à pardonner à Anthony Marciano son « Robin des bois, la véritable histoire » , c'est dire ! Pourtant, il m'a vraiment fallu du temps pour rentrer dedans. Le concept était là, séduisant, mais les situations étaient lourdes, poussives, pas drôles, cette vingtaine de minutes où nous replongeons dans notre adolescence pas glorieuse provoquant de vagues sourires dans le meilleur des cas.
Et puis, presque d'un coup, le film trouve son ton, son rythme : on est touché, attendri, sensible au récit de notre héros, nous reconnaissons en lui, ses choix, ses erreurs, ses remords, ses regrets. Comment construire sa vie, doit-on sacrifier ses rêves ou simplement les revoir à la baisse, quand devient-on simplement adulte ? Raconter tout cela sous forme de courtes séquences filmées sur plusieurs décennies se révèle ainsi aussi original que judicieux pour plonger dans l'intimité de Max et son entourage, offrant même quelques séquences particulièrement savoureuses
(la Coupe du Monde 98, l'agression à la voiture, les pleurs du héros après le mariage de son grand amour, les jeux avec sa fille et surtout le rafistolage du gâteau, grand moment de rire).
Mais c'est probablement lorsqu'il joue la corde sentimentale que l'œuvre émeut le plus : la relation au loooong terme qu'il entretient avec Emma (merveilleuse Alice Isaaz), où il est difficile de ne pas se retrouver face à ce « grand amour » que nous n'osons pas révéler, et ce jusqu'aux
dernières minutes, extrêmement touchantes.
Interprétation au diapason, très « vraie », Max Boublil inclus dans ce qui est probablement son meilleur rôle. Il y a des titres qui vous parlent, vous touchent plus que d'autres : malgré son retard à l'allumage, « Play » en fait partie.