I swear est un biopic britannique retraçant le parcours de John Davidson des années 80 à aujourd’hui (le seul britannique ayant insulté la reine en personne), ayant développé durant l’adolescence le syndrome de Gilles la Tourette, encore inconnu à cette époque.
Avec ce pitch de départ, il y avait de quoi se vautrer dans le pathos et le drame. C’était sans compter sur le talent de nos voisins d’outre-manche pour mêler finement l’humour et le drame humain. Car oui, les principaux personnages sont profondément humains dans leur réaction face à cette maladie surprenante. Ils pourront être étonnés, agacés ou bien effrayés, mais resteront sincèrement bienveillants.
Le film s’inscrit dans une tradition anglaise pour la comédie dramatique abordant des sujets sociaux difficiles mais cherchant une échappatoire lumineuse. On pourrait citer The Full Monty ou bien La Part des Anges pour les plus célèbres. La recette repose sur des personnages forts dont on éprouve une empathie immédiate, des acteurs flamboyants et une écriture des dialogues précises, réalistes et d’un minutage comique irréprochable.
Pour ce qui est des acteurs, rien à redire. Surtout lorsque l’on va chercher un Peter Mullan confirmé, capable de tout jouer et d’être le miroir du spectateur recevant le flot incessant ordurier du personnage principal. Mais difficile de ne pas mentionner l’éléphant au milieu de la pièce qu’est Robert Aramayo et se trouve être la révélation du film. Sa prestation est impressionnante et restera certainement comme l’une de ses interprétations majeures malgré sa jeune carrière. Le BAFTA du meilleur acteur est complètement mérité.
On doit ce scénario prodigieux à Kirk Jones dont j’ai découvert le travail tout récemment avec son Everybody’s Fine qui m’avait très agréablement surpris avec un très joli rôle pour Robert De Niro. La mise en scène reste en retrait et fonctionnelle mais c’est au service de ses acteurs. On peut notre une BO 80’s très plaisante qui participe à la jubilation du public lors de certaines séquences.
Je trouve tout de même le film gentillet et parfois lisse, certainement pour plaire au plus grand nombre. Et le final décevant et allant quelque part à l’encontre de ce qui me semblait être le message initial. On parle de potentielle « guérison » alors que le film semblait nous indiquer qu’il était plutôt possible d’apprendre à vivre avec. Mais c’est chipoter devant ce très joli film que j’ai eu la chance de découvrir au festival des Arcs et logiquement récompensé avec le prix du public.