"Le problème n'est pas la Tourette, c'est l'ignorance."
En voilà un nouveau film qui fait du bien, et qui prouve encore une fois que dans le genre de la comédie dramatico-sociale, les anglais restent les meilleurs.
Nous déroulant l'histoire de John Davidson, un écossais atteint depuis son adolescence du Syndrome de Gilles de La Tourette, ce biopic écrit et réalisé par Kirk Jones (Nanny McPhee) nous dépeint le long combat d'un homme à faire comprendre et accepter ce mal qu'il ne peut contrôler, dans sa bouche comme dans son corps, et ce à une époque où la société est encore peu encline à l'ouverture d'esprit.
Trouvant un équilibre idéal entre humour et émotion (un mélange dont les anglais ont décidément le secret), le récit d'un jeune homme qui va devoir abandonner ses rêves et se retrouver progressivement rejeté par la société et ses propres parents, ne comprenant pas ce qu'il a, ou plutôt ne cherchant pas à comprendre.
Une société ne s'arrêtant qu'à la couverture et ne voulant pas tendre la main à quelqu'un qui se comporte de manière aussi "étrange et agressive" vis-à-vis d'autrui.
Jusqu'à ce qu'il croise la route de personnes qui le voient tel qu'il est vraiment, derrière ses tics sans filtre ("tu n'as pas à t'excuser, tu n'y peux rien.") et lui parlent enfin comme à quelqu'un de normal, ce qu'il est, ce qui donne lieu à des échanges très drôles, mais aussi profondément humains ("personne n'a été aussi franc avec moi depuis des mois.").
Une comédie dramatique dont la principale force est son casting : entouré par les talentueux Peter Mullan, Maxine Peake et Shirley Henderson, le jeune Scott Ellis Watson et encore plus Robert Aramayo (découvert dans la série «Les Anneaux de Pouvoir» et récompensé par un BAFTA largement mérité en février dernier) font des merveilles dans le rôle de John Davidson, retranscrivant avec beaucoup de justesse et de spontanéité cette lutte intérieure et extérieure que doit mener le personnage.
Un personnage déterminé, qui va réaliser qu'il est loin d'être le seul à souffrir de ce syndrome et devenir le porte-parole des "Tourettes" auprès de la société qui ouvre progressivement les yeux.
Un film possédant une trame plutôt classique pour ce genre de récit sur la différence et son acceptation, mais le faisant avec beaucoup de justesse, sans effets superflus, et une œuvre envers laquelle j'ai immédiatement ressenti de l'empathie, grâce son traitement bienveillant (et jamais mièvre) et son casting très attachant.
Un feel-good movie à l'anglaise sur la reconnaissance tardive d'une maladie incurable (rarement représentée au cinéma d'ailleurs), mais aussi et surtout la reconnaissance de l'humain derrière cette maladie.
Un plaidoyer à hauteur d'homme qui fait chaud au cœur. À découvrir absolument.