I Swear est le genre de film qui me transforme en madeleine. Et si cela produit cet effet sur moi — au-delà de ma propre sensibilité — c’est que quelque chose sonne juste. Le film ne cherche jamais à tirer les larmes : il n’en a pas besoin.
Il s’inspire d’une histoire vraie, celle de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Une maladie qui peut profondément dérouter ceux qui y sont confrontés, tant elle bouscule les codes habituels du langage et du comportement. Elle reste encore largement méconnue, et le film a le mérite de la rendre visible, comme Hichki l’avait fait en 2018 dans le cinéma bollywoodien, sous un autre angle.
Robert Aramayo incarne John avec une justesse remarquable. Il évite toute caricature et donne au personnage une présence profondément humaine. Autour de lui, les personnages secondaires sont bien écrits : ils reflètent toute la palette des réactions possibles — de la moquerie à l’incompréhension, jusqu’à une forme d’accueil inconditionnel, sans mièvrerie ni condescendance.
Certaines situations mettent le spectateur face à ses propres limites. On peut difficilement juger ceux qui réagissent violemment en entendant surgir des insultes comme « connasse » ou « salope », ou en recevant un geste brusque. Et en même temps, on ne peut qu’admirer le flegme britannique de Tommy, lorsque John lui lance, après lui avoir servi le thé : « j’utilise du sperme comme lait ».
L’une des grandes forces du film est l’humour. I Swear ne m’a pas seulement fait pleurer, il m’a aussi fait rire.
C’est un film qui fait du bien, sans être naïf. Il parle de courage, de dignité, de la différence, de la maladie, mais aussi de la difficulté très concrète d’accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le corriger ou à le normaliser. Il parle, au fond, de la vie — sans jamais donner de leçon.
Une très belle réussite.
Tu as des questions ?
et bien ma question évidente est : vous êtes Ok avec les tics et les gros mots ?
quels tics ? Quels gros mots ?