Ce qu'il y a de plus émouvant, donc de plus réussi, dans ce film à la construction et aux évolutions pourtant classiques de son genre (le biopic à ambition sociale qu'on pourrait facilement, en manque d'inspiration, qualifier de nécessaire ou d'utilité publique), au delà de la performance évidemment impressionnante de Robert Aramayo, c'est la façon toute naturelle qu'il a de démontrer comment la maladie mentale a pour seules nemesis l'incompréhension et l'ignorance et pour seules cures l'attention et la bienveillance.
La trajectoire de John Davidson, ce héros qui se choisit sa famille, est bouleversante car sans cesse semée d'embûches que nulle volonté ne pourrait esquiver. Il est impossible de rester insensible face à cette vie qui sans cesse lui glisse des mains, dont les promesses de potentielle réussite, à chaque tic, chaque insulte, chaque coup incontrôlé, s'éloignent toujours plus : amitié, famille, études, job, amour... Tant de destins manqués pour tant de vies rêvées.
I swear (le titre anglais, plus fin, joue sur ce mot pour montrer la constante nécessité de la justification) est une grande réussite puisqu'il réussit le pari de rappeler, comme ceci est plusieurs fois répété, que le problème n'est pas la maladie mais de ne pas la (re)connaître. Et en transformant très vite la gêne et la drôlerie face aux symptômes en prise de conscience de la dureté du syndrome de Tourette, le film accomplit le miracle qu'il recherche : il fait comprendre que les individus ont, par leur choix et leur tolérance, un impact profond sur la vie des gens qui les entourent, et, par l'émotion, éduque et rend meilleur. Tout simplement.