Plus fort que moi est incontestablement un des films les plus attendus de ce début d’année. Il arrive sur les écrans accompagnés de critiques élogieuses et enthousiastes. Ces avis positifs ont conforté mon envie d’aller découvrir cet opus réalisé par Kirk Jones. En effet, j’étais tombé sous le charme de la bande-annonce que je trouvais à la fois drôle, touchante et douloureuse. En effet, le destin de cet homme atteint du syndrome de Gilles de la Tourette éveillait ma curiosité. Les quelques extraits offerts par le teaser faisaient présager une histoire qui ne laisserait pas indifférent…
On y suit le quotidien de John Davidson qui grandit avec cette pathologie méconnue dans les années 80. Elle se traduit par des tics physiques ou verbaux qui le mettent au ban de la société et de sa famille. Son entourage au sens large choisit de le traiter comme une bête de foire difficilement supportable plutôt de chercher à le comprendre et à l’aider…
La première partie du film nous fait suivre les pas d’un John adolescent qui voit poindre les premiers symptômes. Il se trouve rapidement stigmatisé, harcelé, violenté par ses camarades de classe, l’institution scolaire puis par sa famille. L’interprétation du héros par le jeune Scott Ellis Watson est impressionnante. Il transcrit son incompréhension, ses souffrances avec une telle intensité ! J’ai trouvé cette introduction douloureuse tant j’étais touché au plus profond de moi-même par chaque nouvelle étape vers son isolement et son mal-être. La puissance émotionnelle était telle que j’ai dû souffler quelques secondes en dehors de la salle tant je souffrais de le voir subir la violence des autres.
J’ai donc accueilli, comme lui, avec joie et soulagement sa rencontre plusieurs années plus tard avec Dottie, mère d’un de ses amis du lycée. Cette dernière est la première personne à l’accepter et à s’interroger sur la manière de l’aider à vivre avec sa maladie. Débute alors la construction d’un nouveau quotidien pour John. Ne croyez pas pour autant qu’il va s’agit d’un long fleuve tranquille. En effet, le cocon protecteur créé par sa famille d’adoption, ne peut rien contre l’attitude de rejet et de violence de bon nombre de personnes lorsqu’elles sont confrontées aux excentricités de John. Les émotions sont mises à rude épreuve devant le parcours accidenté de ce jeune homme attachant. La performance de Robert Aramayo est exceptionnelle et rend chaque scène profondément bouleversante.
Je me garderai bien de vous dévoiler la succession d’épreuves, de succès ou de chutes qui vont agrémenter le quotidien de John tout au long de sa vie. Sachez juste qu’il est impossible de sortir indemne de ce film. Mes glandes lacrymales ont été fortement sollicitées et ce fut un flux continu lors de la dernière partie du film. La maestria du réalisateur pour gérer la force émotionnelle du propos est remarquable. Il ne tombe jamais dans l’excès ou la caricature. Tout est savamment dosé et d’un réalisme poignant. Il s’agit d’un film qui secoue, qui fait souffrir mais qui, au final, fait du bien par l’espoir et les valeurs qu’il véhicule.
Pour conclure, Plus fort que moi est un film que je conseille vivement d’aller voir. Les émotions qu’ils éveillent, le message qu’il fait passer, les réflexions qu’ils génèrent… C’est un opus qui rend meilleur et qui bouleverse. Cela serait vraiment dommage de s’en priver par les temps qui courent…