Plus fort que moi confirme ce que le cinéma britannique sait faire mieux que quiconque : porter des histoires humaines avec pudeur et efficacité. Le film est classique dans sa forme, assumé dans ses intentions, et c’est précisément ce qui le rend touchant. Le récit suit un homme dont le parcours d’intégration se heurte à l’incompréhension d’une société qui n’est pas encore prête face à la maladie et l’handicap mal diagnostiqué au creux des années 1980. Rien de révolutionnaire dans le propos, mais une manière d’aborder le sujet avec justesse et bienveillance — notamment grâce à la figure de l’ange gardien qui vient bousculer sa trajectoire. Tout tient à l’écriture des personnages (Robert Aramayo et Maxine Peake sont phénoménaux), à leur épaisseur, à la façon dont on passe du sourire aux larmes sans jamais sentir la manipulation. Le final, lui, emporte véritablement.Un film sans prétention qui touche là où il faut. À voir.