I Swear fait partie de ces films où le spectateur doit faire un choix crucial avant même de le lancer : le regarder en VF ou en VO. Ayant fait l'expérience des deux, je peux vous l'assurer : si vous optez pour la version française, vous passez à côté de l'essence même du film.
C'est une œuvre qui repose entièrement sur l'équilibre fragile du langage et de l'intonation. Chaque mot, chaque hésitation, chaque tic porte une charge émotionnelle. La VF, hélas, est franchement ratée. Les voix des comédiens de doublage lissent les aspérités, ce qui neutralise une grande partie de la puissance du film et rend le trouble presque caricatural.
En VO, en revanche, c'est une révélation. Robert Aramayo y livre une prestation sidérante. Son accent écossais est d'une authenticité désarmante, mais ce qui impressionne le plus, c'est son travail méticuleux sur les tics. Ce n'est jamais surjoué ou forcé ; c'est d'un réalisme clinique, presque documentaire. On sent l'acteur habité par les moindres contractions musculaires et les vocalises compulsives, rendant son personnage bouleversant de vulnérabilité.
Au-delà de la prouesse technique, I Swear fait partie de ces films que l'on doit voir au moins une fois, parce qu'il met en lumière, avec une parfaite justesse, un problème sociétal bien réel : l'incompréhension totale du syndrome de la Tourette par ceux qui n'en souffrent pas. Le film ne se contente pas de montrer les symptômes ; il déconstruit les préjugés, la gêne et le regard ignorant des autres, forçant le spectateur à remettre en question sa propre perception.
Un film brut, nécessaire, et infiniment plus puissant dans sa langue natale. Ne passez pas à côté.