Retour critique cinéma :
Plus fort que moi de Kirk Jones II.
Plus fort que moi, bordel de grâce, ce film vous attrape à la gorge et ne vous lâche plus, comme une pogne invisible qui serre juste assez pour rappeler que vous êtes vivant, et que ça fait mal, oui, mais que c’est beau, nom de dieu.
Robert Aramayo, mais quel diable l’habite ?
Ce n’est plus du jeu, c’est une possession, une foutue incarnation qui dépasse le cadre, qui déborde, qui éclabousse l’écran comme une vérité qu’on aurait tenté d’étouffer trop longtemps. Il n’interprète pas John Davidson, il le saigne, il le respire, il le recrache avec une intensité presque obscène, presque indécente de sincérité. (Vu en Elfe blond dans LES ANNEAUX DE POUVOIR)
Et ça dérange, et ça fascine, et ça vous cloue là, incapable de détourner les yeux, même quand ça gratte, même quand ça brûle.
Parce que ce film, bon sang, n’a pas la politesse des récits bien coiffés. Il trébuche, il vacille, il s’emporte, comme la vie elle-même, cette saloperie magnifique et dégueulasse. On pense à Ken Loach quand le film bascule vers des eaux sociales et avec Peter Mullan, son acteur fétiche, toujours impeccable dans un rôle... Social.
Il y a des moments où tout semble trop, trop cru, trop frontal, trop humain… et c’est précisément là que ça touche juste, que ça frappe en plein cœur sans demander la permission. Comme ces beignes dans la gueule qu'on n'attend jamais au détour de l'existence.
On en ressort un peu cabossé, un peu sonné, avec cette sensation étrange d’avoir été témoin de quelque chose qui dépasse le simple cinéma.
Une œuvre nécessaire, oui, mais pas au sens convenu, pas au sens académique.
Nécessaire comme une claque, comme un cri, comme un rappel brutal que derrière chaque histoire vraie se cache un chaos qu’aucun scénario ne pourra jamais complètement dompter.
Que derrière chaque tragédie, il demeure des humains avec des coeurs gros et grands à nous faire croire en un avenir meilleur.
Et ça, putain, ça fait du bien.
Merci.
En mode Gilles de la Tourette.